Le Congrès de Vienne
1814 -1815



L'Empire Français vaincu après la capitulation de Paris en 1814, les souverains coalisés et nombre de diplomates se réunissent dans la capitale de l'Empire d'Autriche pour réorganiser la carte de l'Europe et mettre en place un nouvel équilibre européen pour le siècle à venir. Profondément conservateur, le Congrès de Vienne rejettera toutes les idées de la Révolution et de l'Empire, et remodèlera les territoires selon les désirs des princes, bien souvent au mépris des revendications nationales.
Les dates-clés :
22 septembre 1814 : Ouverture du Congrès
5 janvier 1815 : La France de Louis XVIII est admise dans les grandes puissances européennes
1er mars 1815 : Napoléon revient en France; début des Cent-Jours
10 mars 1815 : La 7ème et dernière coalition est créée depuis Vienne
18 juin 1815 : Bataille de Waterloo; fin des Cent-Jours lorsque Napoléon abdique quatre jours plus tard
9 juin 1815 : Fin du Congrès
26 septembre 1815 : La Russie, la Prusse et l'Autriche forment la Sainte-Alliance
Histoire du Congrès de Vienne
Lorsque les coalisés, le Tsar Alexandre Ier et le roi Frédéric-Guillaume III en tête, pénètrent triomphalement dans Paris en ce 31 mars 1814, ils sont persuadés que la victoire leur est acquise et que Napoléon n'aura plus d'autre choix que d'abdiquer. Mais l'histoire est loin d'être terminée : que faire maintenant de tous ces territoires qui, depuis la Révolution Française, virevoltent sans cesse sur la carte de l'Europe; tantôt rattachés à l'Empire Français, tantôt à l'un ou l'autre des états vaincus, avant d'être rassemblés ici dans un simili-royaume polonais, là dans une confédération regroupant les territoires de même langue et même culture. A présent, il faut fixer les frontières afin de "reconstruire l'édifice politique de l'Europe", à en croire Metternich, ministre et représentant de l'Empereur d'Autriche au Congrès.
Depuis le 22 septembre 1814, date de l'ouverture du Congrès de Vienne, ce ne sont pas moins de deux empereurs (Autriche et Russie), une quinzaine de rois (parmi lesquels le roi de Prusse), deux cents princes, et une centaines d'ambassadeurs et diplomates, dont Talleyrand, pour la France, Nesselrode, pour la Russie, Metternich pour l'Autriche, Handeberg et Humboldt pour la Prusse et, enfin, Castlereagh et Wellington pour le Royaume-Uni. Pour s'y retrouver dans toutes ces personnalités et ces hôtes de marque, on classe les différents états en puissance de premier (Autriche, Prusse, Russie, Royaume-Uni, France, Suède, Espagne et Portugal), deuxième et troisième ordre.


Au milieu des nombreux dîners, spectacles, défilés, les négociations vont bon train mais entraînent parfois des tensions entre les vainqueurs, principalement anglo-russes et austro-prussiennes. Pour assurer la sécurité des dplomates et surtout celle des chefs d'Etat, on fait surveiller le Congrès par la police secrète du baron de Hager.
"Les fêtes vont bien, les affaires vont mal", écrit Talleyrand dès octobre 1814. Il faut dire que le représentant de Louis XVIII à Vienne peine à se faire une place au milieu des monarques de la septième coalition. La France, en effet, est alors plutôt vue comme un pays vaincu que comme un des états majeurs du Congrès. Mais l'heure de Talleyrand finit par arriver : le 5 janvier 1815, alors que les quatre principaux vainqueurs de Napoléon s'entre-déchirent à propos de la Saxe, l'ex-Prince de Bénévent est enfin reconnu comme le représentant d'un des principaux pays d'Europe. On ne raye pas de la carte, en si peu de temps, un état qui, de Madrid à Moscou et de Londres au Caire, n'a cessé d'être au centre des conversations depuis plus de vingt ans...
Autre évènement notable du Congrès : en remplacement de la Confédération du Rhin, on crée la Confédération Germanique, intégrant de nombreux états allemands mais aussi la Prusse et l'Empire d'Autriche. Une diète est installée à Francfort et chargée de faire voter les décisions concerannt la Confédération; une décision ne sera prise qu'après un vote à l'unanimité.


Le 9 juin 1815, en plein épisode des Cent-Jours, les grandes puissances mettent un point final au Congrès de Vienne en ratifiant un traité de 121 articles et 17 conventions, aujourd'hui conservé à Vienne. Enfin, le 26 septembre 1815, une fois Napoléon en route pour Sainte-Hélène, la Russie, l'Autriche et la Prusse - puis la France en 1818 - forment la Sainte-Alliance, une allliance chrétienne qui fonctionnera par congrès, non plus à Vienne mais à Aix-la-Chapelle en 1818, puis et Vérone, en Italie, en 1822.




Modifications territoriales :
Royaume de France : retour aux frontières de 1790; perte de 44 départements

Empire de Russie : Alexandre Ier devient roi de Pologne, royaume dit "Royaume du Congrès"; annexion de la Bessarabie

Empire d'Autriche : annexion de la Croatie, du Tyrol et de la Lombardie Vénétienne

Royaume de Prusse : annexion de la Posnanie, de la Westphalie et de territoires au-dessus de la Saxe

Royaume des Pays-Bas : annexion de la Belgique

Royaume du Piémont-Sardaigne : annexion du Piémont, de la Savoie et du comté de Nice

Cracovie : création de la République libre de Cracovie

Royaume du Danemark : annexion de territoires au Sud

Création de la Confédération Germanique

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