La bataille de Friedland




Date : 14 juin 1807
Bélligérants : Grande Armée (80 000 hommes et 220 canons) - Russie (60 000 hommes, 267 canons)
Généraux : Napoléon Ier - Général Bennigsen
Vainqueur : Napoléon Ier
Pertes : 10 300 côté français - 20 000 côté russe

Résumé : le 14 juin 1807, les Russes de Bennigsen, repliés à Friedland, affrontent les avant-gardes du maréchal Lannes. Lorsque Napoléon intervient à son secours, au milieu de la journée, il constate la maladresse du général russe, qui vient de franchir les ponts de l'Alle qui, s'ils étaient coupés, lui interdiraient toute retraite. Il envoie Ney prendre possession de Friedland et des ponts de sorte à envelopper l'armée russe entre la Grande Armée et lui. Couvert par l'artillerie de Victor, Ney finit par s'emparer du village en flammes et écrase les Russes, pris en étau entre ses troupes et celles de Grouchy, Mortier et Lannes, qui constituent l'aile gauche française. La victoire, de la lignée d'Austerlitz et Iéna, met fin à la guerre et aboutira à la fameuse alliance franco-russe de Tilsit.

Contexte : Campagne de Pologne (1807)

Prélude
Le 8 février 1807, la sanglante bataille d'Eylau avait infligé des pertes sévères aux armées russes du général Bennigsen et à celles de l'Empereur, mais les hostilités n'en devaient pas moins continuer entre les deux camps. Alors que Dantzig baisse les armes en mai 1807 devant le maréchal Lefebvre, Napoléon envoie Ney couper la route de Koenigsberg aux Russes en les forçant à se replier le long du fleuve Niémen. Mais Bennigsen, plus rapide, lance l'assaut le premier sur les troupes françaises en net désavantage numérique.
Le corps de Ney entame alors un repli stratégique vers le fleuve du Passarge, en Prusse Orientale : par cette savante manoeuvre, l'Empereur espère prendre au piège les forces russes en leur coupant toute retraite. Mais la situation va se compliquer à nouveau. Bennigsen voit clair dans le jeu de son adversaire et, au lieu de tenter d'achever les maigres forces de Ney, il stoppe son avance pour se replier vers des positions déjà tenues par le général russe Bagration.

Plus de 80 000 Russes se trouvent désormais retranchés dans Heilsberg qui regorge de vivres. Le 18 juin 1807, avec près de 50 000 hommes, les corps de Murat, Lannes et Soult engagent le combat avec fougue mais connaissent des pertes sévères sans venir à bout de l'armée russe : le combat se solde par une égalité parfaite. L'audacieuse charge menée par Murat, bien que désastreuse, amène les Russes à quitter leurs positions pour rallier Koenigsberg, véritable base arrière de l'armée d'Alexandre Ier . Le 13 juin, les avant-gardes de Lannes se heurtent à Bennigsen. Napoléon tient enfin l'occasion d'en finir avec les Russes : la Grande Armée fait route à marche forcée vers le lieu du combat, à Friedland.
La bataille


Le 14 juin 1807, les troupes de Lannes font face aux troupes de Bennigsen à Friedland.C'est le général russe Bagration qui lance l'offensive, tôt dans la matinée. Le maréchal, secondé par Grouchy et Oudinot soutient vaillamment le choc avec quelques 10 000 hommes et sa puissante artillerie qui déchaîne un feu d'enfer sur les Russes. Mais les unités finissent par vaciller après deux heures de lutte devant un ennemi toujours plus nombreux.
Les troupes de Bennigsen traversent l'Alle sur les ponts récemment mis en place non loin de Friedland; arrivés sur la rive gauche, ils ouvrent les hostilités avec peu d'ardeur et la manoeuvre ne se fait pas avec une grande célérité. C'est que Bennigsen croit Napoléon et la Grande Armée bien plus loin qu'ils ne le sont en réalité ! Les 27 000 hommes de Mortier et Grouchy ne tardent pas à se jeter dans la bataille pour stopper la progression des Russes, aux prises avec Lannes. Bientôt, c'est Napoléon en personne qui arrive sur le champ de bataille, suivi de Ney deux heures plus tard, et de Victor en fin d'après-midi. Si Bennigsen espérait jusque-là anéantir séparément les corps français, il lui faut maintenant affronter la Grande Armée, réputée invincible, et dont le seul nom glace d'effroi le général russse à l'annonce de la nouvelle : à Eylau, quatre mois auparavant, il avait échappé de justesse à la défaite décisive...


Dès son arrivée, l'Empereur examine le champ de bataille : les rives de l'Alle semblent difficilement franchissables et seuls trois ponts relient les différents corps de l'armée russe, qui serait bloquée entre le fleuve et les troupes françaises si ces ponts étaient coupés. "On ne surprend pas deux fois l'ennemi en pareille faute", déclare Napoléon, pour lequel la victoire n'est maintenant plus qu'une question de temps. A 17 heures, tandis que son artillerie pilonne l'aile gauche russe, l'Empereur dépêche Ney s'emparer de Friedland, point clé du dispositif russe, de manière à interdire toute retraite à ces derniers : "Prenez les ponts et ne vous inquiétez pas de ce qui pourra se passer à droite, à gauche ou sur vos arrières, l'armée et moi sommes là pour y veiller.". Mais alors que le maréchal marche sur la ville prussienne aux mains des Russes, Bennigsen lance une violente contre-attaque de la garde du Tsar sur le corps français. Un instant ébranlés, les hommes de Ney sont secourus par Latour-Maubourg et ses dragons, restés en arrière de la division Marchand.

Pour appuyer l'attaque menée par Ney au village de Friedland, Napoléon sait qu'il doit jouer de son artillerie : il fait appel à Victor et au général Sénarmont, sous ses ordres. Ce dernier propose aussitôt de réunir tous les canons dont dispose l'armée, pour former une grande batterie capable d'ouvrir la voie aux unités de Ney. Il va même proposer une tactique redoutable, basée sur la mobilité de l'artillerie : les canons doivent peu à peu gagner du terrain, après avoir tiré quelques salves, et s'avancer à nouveau. Le général Drouot utilisera sensiblement la même tactique à Wagram, en 1809, qui permet à ses batteries de tirer tout en avançant. Les trente pièces d'artillerie françaises, au tir très nourri, se révèlent d'une efficacité remarquable malgré leur faible effectif et forcent un instant les Russes à reculer.



Pendant ce temps, les hommes de Ney poursuivent la lutte contre la cavalerie russe et les combats atteignent bientôt les rues de Friedland, solidement défendues par les Russes, bien décidés à ne pas céder de terrain. 5 heures de l'après-midi : Napoléon lance maintenant une attaque massive de 65 000 hommes sur l'aile droite ennemie, enveloppant ainsi les hommes de Bennigsen, alors que Ney prend pleinement possession de la ville en proie aux flammes. Au Nord, le général Gortchakov, voyant que le combat tourne en sa défaveur, tente de s'assurer une porte de sortie en s'emparant de Friedland, tombée aux mains des français; mais sa contre-attaque désespérée est vite réduite à néant et ses hommes refoulés par ceux de Ney, puis encerclés dans le village. Le désespoir commence à gagner le camp russe : tous les ponts sur l'Alle ont été un à un coupés à l'exception de ceux de Friedland hors de leur portée. Ils sont maintenant acculés au fleuve par la Grande Armée.
Rejetés de la ville, et après un combat acharné, les Russes finissent par se replier en désordre et se jettent dans l'Alle, ultime espoir d'échapper aux français. Alors que le capitaine Coignet, vétéran des guerres de l'Empire, rapporte :"Notre Empereur coucha sur le champ de bataille, comme de coutume, pour faire ramasser les blessés", les troupes russes se replient dans le plus grand désordre, quoiqu'en dise Bennigsen, décidément habitué à réécrire la vérité à son avantage. La victoire et totale pour l'Empereur et déjà, l'armée du Tsar n'est plus qu'un mauvais souvenir...
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