La bataille d'Iéna




Date : 14 octobre 1806
Bélligérants : Grande Armée (56 000 hommes et 180 canons) - Prusse (51 000 hommes, 75 canons)
Généraux : Napoléon Ier - Général Hohenlohe
Vainqueur : Napoléon Ier
Pertes : 5 700 côté français - 35 000 côté prussien

Résumé : la bataille commence lorsque Lannes, appuyé par une artillerie soigneusement disposée sur les hauteurs, attaque les Prussiens au centre et les met en déroute. Au même moment, Ney et Soult rejoignent le champ de bataille et chargent Hohenlohe qui, voyant ses hommes perdre du terrain, prend peur et demande du renfort. En vain : Napoléon vient d'ordonner un mouvement en tenailles, Augereau au Sud et Soult au Nord. Bientôt, c'est la déroute chez l'ennemi. Les 15 000 renforts reçus par les Prussiens sont vite encerclés et achevés par la cavalerie de Murat, ce qui met fin à la bataille, une nouvelle victoire éclatante de Napoléon.

Contexte : Campagne de Prusse (1806)

Prélude
En septembre 1806, la Prusse déclare la guerre à l'Empire Français. La Grande Armée, stationnée en Allemagne depuis l'année précédente, rassemble 180 000 hommes et entame son mouvement vers les troupes prussiennes, bientôt battues par le maréchal Lannes à Saalfeld. A la mi-octobre 1806, la Grande Armée fait face aux forces d'Hohenlohe à Iéna.



13 octobre 1806 : une journée-clé dans le déroulement de la campagne. Tout d'abord, Lannes prépare le terrain en battant le prussien Tauenzien dans le village d'Iéna, puis en investissant, par des sentiers de bergers, le plateau de Landgrafenberg qui domine la vallée. Napoléon veut y installer son artillerie pour s'assurer un avantage sur son ennemi. Mais un problème se pose vite aux artilleurs qui acheminent leurs pièces vers le sommet : le sentier qui y accède, montré par un prêtre de la région, se révèle trop étroit et difficilement praticable pour les canons : les grognards doivent agrandir le passage à la pioche. L'Empereur lui-même va alors orchestrer la manoeuvre, lanterne en main, galvanisant les troupes par sa présence inattendue. Il faut dire que Napoléon et ses fantassins éprouvent une admiration réciproque, et l'Empereur de s'exclamer en cours de route :"Voilà les meilleurs marcheurs de l'armée, on n'en voit jamais un en arrière, surtout quand il faut joindre l'ennemi".


La bataille


14 octobre 1806, six heures du matin. Un épais brouillard voile la plaine d'Iéna. Solidement appuyé par une artillerie soigneusement positionée sur le plateau, Lannes, sur l'aile droite française, marche sur le village de Closewitz (à ne pas confondre avec le général Clausewitz) et en chasse les Prussiens. A ce moment-là, Hohenlohe, apprenant qu'il fait face à l'Empereur des Français en personne, réputé invincible dans toute l'Europe, prend peur et ordonne un repli evrs l'Est. Dans un second temps, comme pour se rassurer, il réclame de toute urgence le renfort du général Ruchel, laissé en retrait à l'Ouest.

Alors que Lannes poursuit son avance vers le centre du champ de bataille, les corps de Soult et de Ney (40 000 hommes en tout) arrivent à l'Est et prennent position à gauche et à droite de Lannes. Napoléon est maintenant plus nombreux que son ennemi. Le plan de l'Empereur est maintenant le suivant : Ney et Lannes continuent d'enfoncer les rangs prussiens au centre, dans le village de Vierzehnheiligen, tandis que Soult réalise un mouvement tournant vers le Nord pour prendre l'ennemi en tenailles. Augereau, lui, passe par le Sud. A midi, les hommes de Ney, retranchés dans le village, brisent une contre-attaque qu'Hohenlohe avait hâtivement planifiée en réalisant que ses troupes perdaient du terrain.



Attaquée au Nord, au Sud et au milieu du champ de bataille, l'armée prussienne est dans une situation désespérée au moment où les 15 000 hommes de Ruchel rejoignent Hohenlohe à l'Ouest. C'est maintenant en la personne du général Ruchel que l'armée prussienne fonde ses derniers espoirs. Mais pour renverser le cours de la bataille, il lui aurait fallu disposer d'un stratège d'un tout autre acabit : au lieu de monter une contre-offensive générale, il se positionne sur l'aile gauche , canonne les rangs français et se laisse lentement mais sûrement encercler par les corps de la Grande Armée. La défaite prussienne est consommée lorsque l'étau se reserre et que Murat achève les derniers combattants de la "meilleure armée du monde" en chargeant à 16 heures, à la tête de la réserve de cavalerie.

Napoléon et ses maréchaux viennent d'écraser l'armée prussienne. La bataille a fourni l'occasion de montrer son extraordinaire aptitude à manoeuvrer ses troupes pour les concentrer où il veut et quand il veut, puis pour encercler l'ennemi et lui asséner le coup de grâce. Ainsi, 96 000 Français sont présents à Iéna, mais il n'en engage que 54 000, assez pour disposer d'un léger avantage numérique sur Hohenlohe.


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