La bataille de Ligny
- ou bataille de Fleurus -


Date : 16 juin 1815
Bélligérants : Armée du Nord (75 500 hommes et 234 canons) - Prusse (87 000 hommes, 224 canons)
Généraux : Napoléon Ier - Général Blücher
Vainqueur : Napoléon Ier
Pertes : 11 000 côté français - 12 000 côté prussien

Résumé : C'est l'armée française qui ouvre les hostilités à 14h 30, lorsque le général Vandamme s'empare du village de Saint-Amand, sur l'aile droite prussienne. Au centre, Gérard attaque et prend Ligny, tenu par Ziethen. Sentant la victoire approcher, Napoléon demande des troupes au maréchal Ney mais celui-ci, embourbé dans le combat des Quatre-Bras, n'est pas en mesure d'envoyer du renfort. Les Prussiens contre-attaquent vigoureusement dans les villages : le combat est rude, ce qui pousse l'Empereur à engager son ultime réserve, la Garde Impériale, en direction de Ligny.
Les vétérans de la Grande Armée expulsent les Prussiens du village, en ressortent par le Nord et, formés en carrés, taillent en pièces la cavalerie prussienne menée par Blücher en personne. Les Prussiens sont contraints de se replier, mais ne sont pas vaincus de manière décisive : ils prendront leur revanche deux jours plus tard, à Waterloo.

Contexte : Cent-Jours; Campagne de Belgique (1815)

Prélude
Le 14 juin 1815 débute la campagne de Belgique, ultime campagne de Napoléon. Le lendemain, il ordonne au maréchal Ney de s'emparer de la position des Qautre-Bras, faiblement défendue par les Anglais de Wellington et réputée stratégique dans toute la région, avec environ 21 000 hommes. Mais le Duc d'Elchingen préfère attaquer les maigres troupes prussiennes retranchées à Gosseling et Frasnes et, estimant que le combat avec les hommes de Blücher l'a retardé, il remet à plus tard le combat des Quatre-Bras. En agissant ainsi, il perturbe le déroulement de la bataille de Ligny le lendemain, et peut-être celui de toute la campagne...


Napoléon, de son côté, rejoint Grouchy à Fleurus avec la majeure partie de l'armée du Nord. Blücher, solidement barricadé dans Ligny et les villages environnants, lui fait face. Nous sommes à présent le 16 juin 1815, à peine deux jours avant Waterloo. Dans six jours, Napoléon abdiquera pour la seconde et dernière fois de sa vie. Mais nous n'en sommes pas encore là... Alors que l'Empereur et Grouchy passent la matinée à rassembler leurs forces, Ney entame son assaut sur les Quatre-Bras à midi, mais aen engageant la moitié de ses troupes seulement. Le 16 juin, deux batailles vont donc se dérouler simultanément, à quelques lieues l'une de l'autre : Napoléon affrontera Blücher à Ligny et Ney tentera d'enlever la position des Quatre-Bras à Wellington.
La bataille


En apprenant que Ney s'est enfin décidé à attaquer les Quatre-Bras, Napoléon lance l'assaut sur les Prussiens de Blücher. Celui-ci est fortement retranché dans trois villages, comme le sera Wellington à Waterloo : à gauche, le général Steinmetz tient Saint-Amand; au centre, Ziethen est retranché dans Ligny tandis que Boignées et Tongrinelle sont investis par Thielmann. Napoléon a placé les généraux Vandamme et Girard à l'Ouest, face à Saint-Amand; le général Gérard fait face à Ziethen au centre. Enfin, le maréchal Grouchy (cavaleries d'Exelmans et Pajol) constitue l'aile gauche de l'armée française. La Garde et la cavalerie de Milhaud se tiennent en retrait à Fleurus.


C'est donc l'Empereur qui lance l'offensive. A 14h 30, la division Lefol du corps de Vandamme marche sur Saint-Amand et, après un sanglant combat, conquiert le village. Au même moment, l'attaque principale commence : puissamment soutenu par une redoutable batterie de 80 canons, Gérard monte à l'assaut de Ligny avec les divisions Pêcheux et Vichery. A nouveau, l'affrontement est rude mais les Français gagnent du terrain. A 15 heures et quart, malgré son infériorité numérique, Napoléon perçoit que la bataille tourne à son avantage et dépêche des estafettes auprès de Ney et du corps de Drouet d'Erlon pour recevoir des renforts et enfoncer une bonne fois pour toutes les lignes ennemies. Aux Quatre-Bras, Ney commence à regretter de ne pas avoir attaqué plus tôt car, Wellington ayant reçu des renforts, il se trouve en fâcheuse posture et fait lui aussi appel à Drouet pour battre les Anglais. Ce qui fait que ni l'un ni l'autre ne se porteront au secours de Napoléon...
16h. Les renforts demandés n'arrivant toujours pas, Napoléon ordonne au général Girard d'attaquer Saint-Amand pour soutenir Vandamme. Le dernier Duc de l'Empire (il sera fait Duc de Ligny le 21 juin 1815, mais mourra le 27 des suites de sa blessure reçue à la bataille) expulse une deuxième fois les Prussiens du village mais a maintenant affaire à deux divisions de cavalerie, qu'il finit par repousser. Sur l'aile gauche, la bataille fait aussi rage et donne lieu à un combat de cavalerie entre Grouchy et Thielmann.



17h 30. Ni Ney ni Drouet d'Erlon n'ont fait irruption sur le champ de bataille. Pour en finir, l'Empereur décide de faire donner les 20 000 hommes de la Garde Impériale. La Jeune se dirige vers Saint-Amand avec Vandamme, tandis que la Vieille, formée des vétérans de la Grande Armée, marche sur Ligny avec la cavalerie de Milhaud. Bientôt, la Jeune Garde brise une ultime contre-attaque de Blücher sur Saint-Amand et la Vieille Garde conquiert définitivement le village de Ligny. A 19h 30, le combat à l'intérieur du village est terminé. La Vieille Garde vient de traverser Ligny et en ressort par le côté Nord, formée en carré pour décimer la cavalerie prussienne que Blücher a imprudemment jeté sur elle. Milhaud et ses hommes exterminent les derniers cavaliers ennemis. Les villages-clés de la bataille sont désormais aux mains des Français, et Blücher, renversé par une charge de cavalerie française (il passera à deux doigts de la capture ce jour-là), ne parvient pas à inverser la situation.

Aux alentours de 21h 30, la victoire est restée au camp français. Personne ne le sait encore, mais ce sera, avec Wavre le 18 et Rocquencourt le 3 juillet, une des toutes dernières victoires de l'Empire... A l'issue de la bataille, Blücher n'est pas complètement détruit par l'armée française et la faute en revient en grande partie au maréchal Ney. S'il avait entamé l'attaque des Quatre-Bras au moment où l'Empereur le lui demandait, nul doute que l'affaire aurait été bouclée bien plus tôt, ce qui lui aurait permis de venir en renfort à Napoléon à Ligny, et de battre entièrement l'armée prussienne. Jusqu'au 18, Blücher s'évertuera à semer Grouchy lancé tardivement par Napoléon à ses trousses, et parviendra à rejoindre Wellington à Waterloo. La décision de Ney les 15 et le 16 juin 1815 furent donc bien lourdes en conséquences...


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