La bataille de la Moskowa
- ou bataille de Borodino -


Date : 7 septembre 1812
Bélligérants : Grande Armée (103 000 hommes et 500 canons) - Russie (121 000 hommes, 640 canons)
Généraux : Napoléon Ier - Général Koutousov
Vainqueur : Napoléon Ier
Pertes : 27 600 côté français - 44 000 côté russe

Résumé : pour empêcher Napoléon d'atteindre Moscou, l'armée russe fortifie des positions près du village de Borodino : la Grande Redoute et les flèches de Semenovskoïe. La bataille débute avec l'attaque frontale de la Grande Armée sur les fotifications russes : les assauts meutriers s'enchaînent toute la journée. Les pertes sont terribles et les combats font rage, mais lorsque la bataille s'achève, les Français sont maîtres du terrain et l'armée de Koutousov a fui. La route de Moscou est ouverte.

Contexte : Campagne de Russie (1812)

Prélude
A l'été 1812, la Grande Armée envahit la Russie dans le but de battre le Tsar pour le forcer à respecter les accords passés à Tilsit en 1807 et à Erfurt en 1808. Napoléon espère emporter la victoire par une grande bataille décisive puis prendre la capitale pour obtenir la paix, mais les armées russes se replient sans cesse et évitent le combat en détruisant tout derrière elles : c'est la tactique de la terre brulée. Après un bref affrontement à Smolensk à la mi-août où la ville finit rasée par les tirs d'artillerie et les incendies allumés par les Russes, le nouveau général en chef du Tsar, Koutousov, décide enfin d'accepter le combat pour couvrir Moscou et fortifie le village de Borodino, près duquel coule la Moskowa.

Napoléon, averti du plan de Koutousov, décide de briser la ligne de défense russe en ordonnant à Murat de prendre la redoute de Chevardino, en avant du dispositif. C'est chose faite au soir du 6 septembre, au prix de 4000 morts côté français, contre 7000 chez les Russes. Mais ce prélude à la bataille de la Moskova, même s'il est meurtrier, n'est qu'un avant-goût des combats qui séviront le lendemain, à quelque 2 kilomètres de là...
Bref moment de répit au milieu d'une guerre impitoyable, l'Empereur reçoit, dans la journée du 6, un portrait de son fils Napoléon, Roi de Rome, signé Gérard. Napoléon l'expose un moment avant de s'exclamer : "Retirez-le, qu'il ne voie pas de trop bonne heure un champ de bataille". Les deux armées sont sur leurs positions et ne bougeront pas jusqu'à la bataille. 140 000 hommes et 580 canons de la Grande Armée sont présents, mais seuls 103 000 seront engagés. Koutousov dispose de 120 000 hommes et 640 bouches à feu.



La bataille


7 septembre, 5 heures du matin. L'Empereur, épuisé et très enrhumé, s'adresse à ses hommes :"Soldats ! Voilà la bataille que vous avez tant désirée ! Désormais la victoire dépend de vous ! [...] Conduisez-vous comme à Austerlitz, à Friedland, [...] et que l'on dise de vous : il était à cette grande bataille livrée sous les murs de Moscou ! Soldats ! Voilà le soleil d'Austerlitz !"
6 heures. Trois coups résonnent dans la plaine : l'artillerie de la Garde annonce le début de la bataille et de l'offensive française. La Grande batterie du général Drouot pilonne les positions russes (on arrivera à cents coups de canon à la minute au plus fort de la bataille) de la Grande Redoute, tenue par Raïevski, tandis qu'Eugène enlève le village de Borodino. Au Sud, Davout et ses deux divisions (Dessaix et Compans) s'emparent des flèches de Semenovskoïe. Le maréchal paie de sa personne : jeté à terre par un boulet, il est laissé pour mort par ses hommes et aussitôt remplacé par le général Rapp. Ney et Junot, envoyés soutenir Davout, sont rapidement jetés dehors par Bagration. Les flèches sont prises, perdues, reprises puis perdues à nouveau; à 11 h 30, formé en carré pour résister aux assauts de la cavalerie russe, le camp français les reprend définitivement.

Vers le milieu du champ de bataille, Eugène, malgré une lutte difficile et acharnée, est contraint de cesser sa progression vers la Grande Redoute et de se replier sur Borodino. Grâce à un appui massif d'artillerie, il parvient à faire refluer les Russes et occupe la Redoute. Le scénario des flèches de Semenovskoïe se répète alors : la position est successivement russe puis française. Le général Caulaincourt s'élance et se rend finalement maître de la Grande Redoute. Hélas, emporté par un boulet, il ne saura jamais à quel point sa charge a été décisive. Un flottement se fait sentir chez l'ennemi; la victoire est à portée de main. Pour en finir, Ney, Murat et Davout pressent l'Empereur de faire donner la Garde Impériale, élite de l'élite, à n'engager qu'en ultime recours, comme ce sera le cas à Waterloo moins de trois ans plus tard. Mais Napoléon, conseillé par le maréchal Bessières, refuse : si la bataille reprend le lendemain, comme il l'avait escompté, ses meilleurs hommes risquent de faire gravement défaut. Ce que la Garde ne fera pas ce jour-là, l'artillerie s'en chargera.



A la tombée de la nuit, la victoire est acquise. Malgré ses très lourdes pertes, plus de 40 000 hommes, l'armée Russe se replie en ordre vers l'Est. Koutousov, qui, à en croire ses aides de camp, est resté passif durant la bataille, confiant toutes les décisions à ses subordonnés, revendique la victoire de Borodino, son armée n'étant pas totalement anéantie. Mais la Russie perd un de ses plus grand généraux : Bagration, vétéran d'Austerlitz et Friedland, succombera à ses blessures le 24 septembre. Côté français, on célèbre la victoire de la Moskova ; pour le courage dont il a fait preuve, Ney en sera fait prince le 8 février 1813. Comme à son habitude, Napoléon reste sur le champ de bataille de ce qui serait le plus meurtrier affrontement de l'Empire. Il fait soigner les blessés, Français (près de vingt-deux mille...) et Russes, sans aucune distinction de nationalité. Même si ce n'est toujours pas la bataille décisive qu'il espérait, Napoléon sort grand vainqueur de la Moskova : désormais, la route de Moscou lui est ouverte.



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