La bataille de Rivoli




Date : 14 janvier 1797
Belligérants : France (19 000 hommes et 35 canons) - Saint-Empire Romain Germanique (28 000 hommes, 60 canons)
Généraux : Napoléon Bonaparte - Joseph Alvinzi
Vainqueur : Napoléon Bonaparte
Pertes : 220 côté français - 12 000 côté autrichien

Résumé : Après sa jonction avec le général Joubert à Rivoli, Bonaparte se trouve en cruelle infériorité numérique face aux Autrichiens. La bataille débute au petit matin. L'armée française est sur le point de céder lorsque survient le général Masséna, renfort qui redonne courage aux troupes françaises. Napoléon lance sa cavalerie dans une charge décisive et remporte la bataille. La défaite est totale pour la coalition...

Contexte : Campagne d'Italie (1796-1797)

Prélude


L'objectif prioritaire du haut-commandement autrichien en ce début d'année 1797 est la libération de Mantoue où le général Wurmser, enfermé depuis septembre 1796 avec son armée, commence à manquer de tout. Le général Alvinzi a reconstitué une nouvelle armée de secours - la précédente ayant été battue à Arcole par Bonaparte - de 47 000 hommes et se prépare à marcher sur la forteresse. L'Autriche a un nouvel espoir de vaincre car son général a mis sur pied une stratégie toute napoléonienne : séparer les forces ennemies pour les écraser une à une. Pour cela, il va diriger une partie de ses forces (17 000 hommes sous les ordres de Provera et Bayalitsch) vers le Sud pour que Bonaparte y laisse le gros de ses troupes, tandis qu'avec l'armée principale (30 000 hommes), il se portera vers le reste de l'Armée d'Italie, non loin du village de Rivoli-Véronèse, et l'écrasera sous le nombre. Bref, la tactique d'Alvinzi consiste à faire croire que l'assaut majeur se déroulera dans la plaine au Sud, alors que le gros de son armée sera en réalité positionné au Nord pour battre l'armée française en deux temps.
Mais le pauvre général autrichien s'apprête à un nouvel échec. Le 8 janvier, au Sud, Augereau essuie une première attaque de la part des troupes de diversion autrichiennes et appelle Bonaparte à son secours. Celui-ci, "jaune à faire plaisir" selon les renseignements autrichiens - il est brûlant de fièvre - reste méfiant et envoie Masséna en reconnaissance, qui lui confirme une présence autrichienne d'envergure dans la région. Le général en chef de l'Armée d'Italie, trop habitué aux diversions et à ce genre de manoeuvre, hésite. Ses doutes sont confirmés par l'interception d'un espion de François II qui révèle que l'attaque principale aura lieu contre la brigade Joubert (10 000 hommes) stationnée au Nord, à Rivoli... Celui-ci vient d'ailleurs de se faire assaillir par l'essentiel des troupes d'Alvinzi, qui vient de lancer sa fameuse offensive, et a dû se replier vers le plateau de Rivoli. Cette fois-ci, Napoléon en est sûr : l'espion disait vrai, Alvinzi est au Nord et menace d'écraser la brigade Joubert. L'Armée d'Italie fait demi-tour au pas de course et remonte vers le lac de Garde, tandis qu'Augereau a pour mission de détruire le corps autrichien de Provera et Bayalitsch.
La bataille


Napoléon est parvenu à rassembler 15 000 hommes. C'est peu en comparaison des 28 000 soldats d'Alvinzi, mais il faudra faire avec. Le 14 janvier 1797 à 2 heures du matin, il fait sa jonction avec Joubert sur le plateau de Rivoli. Aussitôt, il positionne son artillerie et fait reprendre la chapelle San Marco, point stratégique dont la prise coupe les communications ennemies entre le plateau et la vallée. De l'autre côté, les généraux autrichiens n'imaginent pas un seul instant que Joubert puisse avoir été renforcé et ne lancent le général Liptay et ses cinq colonnes d'attaque qu'à 7 heures, ciblant l'aile gauche française située sur le mont Tambalora et, plus au centre, la chapelle San Marco défendue par le général Vial. A court de munitions, épuisés par les combats de la veille, les soldats de Joubert reculent lentement au moment où les Autrichiens lancent l'assaut au centre du champ de bataille. Au même moment, Quasdanovitch fait irruption sur la droite française et s'élance à l'attaque, bravant le feu meurtrier des batteries françaises. Les maigres troupes de Napoléon commencent à ployer sous le nombre et Alvinzi s'imagine déjà rentrer en vainqueur à Vienne. Bonaparte ne partage pas l'affolement de son état-major devant ce triste spectacle et se borne à répéter ces quatre mots : "ils sont à nous !"...


A 9 heures 30 survient le tournant de la bataille : le canon tonne à l'Ouest, annonçant l'arrivée d'importantes troupes. C'est Masséna, rappelé en urgence du Sud-Est, qui vient de rallier le champ de bataille après une éprouvante nuit de marche forcée. Bien vite, celui qui sera nommé Duc de Rivoli en 1808 vient consolider l'aile gauche française et parvient à faire reculer Liptay tandis que Napoléon, réjoui, déclare une dernière fois : "ils sont à nous !". Les hommes de l'Armée d'Italie reprennent espoir et regagnent du terrain...
Cependant, le marquis de Lusignan, émigré combattant dans les rangs autrichiens, achève un vaste mouvement tournant et se présente sur les arrières de l'Armée d'Italie. Napoléon, qui vient d'être renversé de son cheval par un boulet, remonte en selle et dépêche la brigade Monnier, tenue en réserve, pour briser l'encerclement. Il précipite ensuite la cavalerie de Leclerc et Murat, renforcée par une cinquantaine de cavaliers et le chef d'escadron Lasalle, dans une charge qui restera célèbre, tandis que Joubert descend du plateau et assaille les Autrichiens sur le flanc. Brune, futur maréchal de l'Empire, défend les arrières de l'Armée d'Italie et, bien vite, l'arrivée de nouveaux renforts français (général Rey) un peu après midi permet enfin de remporter la bataille.



La victoire de Rivoli doit beaucoup à l'arrivée de Masséna sur le terrain, mais c'est Bonaparte qui a su éventer la ruse d'Alvinzi et donner ses ordres pour sauver les troupes du général Joubert. Rivoli symbolise le triomphe de Napoléon et de son armée sur les forces de François II : la tactique napoléonienne, tactique de mouvement, est illustrée à merveille par le déplacement en hâte des troupes vers le Nord pour se trouver à temps sur le champ de bataille.


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