La Première Campagne d'Italie



La première campagne d'Italie est un tournant majeur dans l'Histoire de France comme dans la carrière de Napoléon. A l'échelle de la République Française, elle représente la fin - provisoire mais ô combien agréable - des hostilités sur le front Sud. Grâce à la paix signée avec le Saint-Empire et le Royaume du Piémont-Sardaigne, un nouveau pas vers la fin de la première coalition est franchi. Pour le jeune général, cette série de victoires parfois à un contre deux marque le début de l'ascension : après le traité de Campoformio, toute la gloire de la campagne retombe sur le génial stratège que vient de devenir Napoléon Bonaparte...
Les dates-clés :
2 mars 1796 : Napoléon devient général en chef de l'armée d'Italie
12, 13, 14 avril 1796 : Premières victoires de la campagne, à Montenotte, Millesimo puis Dego
21 avril 1796 : Victoire de Mondovi
28 avril 1796 : Armistice de Cherasco avec le Piémont-Sardaigne
10 mai 1796 : Victoire de Lodi
5 août 1796 : Victoire de Castiglione
8 septembre 1796 : Wurmser se réfugie dans Mantoue
15-17 novembre 1796 : Victoire d'Arcole
14 janvier 1797 : Victoire de Rivoli
2 février 1797 : Reddition de Wurmser à Mantoue; fin du siège de la ville
16 mars 1797 : Victoire du Tagliamento; Napoléon remonte vers Vienne
18 avril 1797 : Préliminaires de paix de Leoben
18 octobre 1797 : Paix de Campoformio
Batailles : Montenotte, Millesimo, Dego, Mondovi, Lodi, Castiglione, Arcole, Rivoli, Mantoue, Col du Tagliamento
Le général Bonaparte
A la veille de l'année 1796, Napoléon Bonaparte n'est encore qu'un simple général comme en comptent tant les armées révolutionnaires. Mais le futur maître de l'Europe a d'ores et déjà fait la démonstration de ses talents militaires lors du siège de Toulon en 1793 et lors des émeutes du 13 Vendémiaire, ce qui lui vaut le grade de général de division le 16 octobre 1795 et le commandement en chef de l'armée d'Italie, accordé par le Directeur Barras le 2 mars 1796. Il ne lui faut pas plus d'une vingtaine de jours pour se rendre à Nice (26 mars) où se trouvent rassemblées les maigres forces de l'armée, parmi lesquelles le maréchal en devenir Alexandre Berthier. L'attendent aussi les généraux Masséna, Sérurier, Augereau et LaHarpe, qui n'affichent aucun enthousiasme à propos de l'arrivée du général en chef; leur mépris va vite se muer en respect, voire en admiration...
Il faut dire que le plan du nouveau venu ne manque ni n'audace ni d'habileté : par une offensive rapide et foudroyante visant à écraser l'ennemi séparément, Napoléon - qui vient de franciser son nom "Buonaparte" en "Bonaparte" - estime être en mesure de s'emparer de la Lombardie puis de Vienne malgré ses effectifs réduits. Mais le Directoire juge le plan irréalisable, car l'armée ne dispose pas de plus de 40 000 hommes et 30 canons, profondément découragés par les revers qu'ils essuient depuis quelques temps. En réalité, il n'accorde à l'armée d'Italie que le rôle de diversion au Sud, laissant les armées de Sambre-et-Meuse de Jourdan et celle de Rhin et Moselle de Moreau mettre à genoux les Alliés. C'est sans compter sur l'indéfectible volonté de Bonaparte qui, malgré les caisses vides de l'Etat, exige que les soldes en retard soient payées et interdit tout pillage sur les terres italiennes. Il tient ensuite à ses hommes un discours qui restera gravé dans les mémoires des futurs "grognards" de la Grande Armée :
"Soldats, vous êtes nus, mal nourris; le Gouvernement vous doit beaucoup, il ne peut rien vous donner. Votre patience, le courage que vous montrez au milieu de ces roches sont admirables; mais il ne vous procure aucune gloire, aucun éclat ne rejaillit sur vous. Je veux vous conduire dans les plus fertiles plaines du monde. De riches provinces, de grandes villes seront en votre pouvoir; vous y trouverez honneur, gloire et richesses. Soldats d’Italie, manqueriez-vous de courage ou de constance ?"


"Ma noblesse date de Montenotte"


Le 2 avril, le général ordonne la marche sur Gênes. Il confie son avant-garde à Masséna tandis que LaHarpe et Augereau obtiennent le commandement de deux divisions. Le 5 avril, son frère Joseph vient le rejoindre à Albenga, où il obtient de la population l'argent nécessaire au paiement des soldes. Voyant l'armée d'Italie stationner en Ligurie, les Alliés (le Royaume de Piémont-Sardaigne et le Saint-Empire Romain Germanique, qui deviendra l'Empire d'Autriche en 1806) croient à une offensive sur Gênes, ce qui les amène à replier leurs troupes pour protéger la ville, créant par la même occasion une brêche entre les armées piémontaise et autrichienne. Beaulieu, commandant en chef des forces coalisées en Lombardie, est l'un des généraux les plus expérimentés de l'empereur François II, mais il est sur le point se faire écraser par le jeune "Buonaparte", même si tous deux l'ignorent encore...

L'ennemi clairement coupé en deux, Napoléon envisage de lancer une attaque sur le corps de d'Argenteau et, le 9 avril, il mène son armée à Savone mais Beaulieu prend les devants à Voltri, près de Gênes, et le force à se replier. Le 12 avril 1796, grâce à la bravoure du chef de brigade Rampon, Bonaparte bat sa première armée autrichienne à Montenotte, avec seulement quelques dizaines de morts. Ce sera sa première victoire : plus de cinquante vont suivre jusqu'en 1815...


Le but de l'Armée d'Italie est maintenant de forcer l'ennemi le plus faible, le Piémont-Sardaigne, à demander la paix pour avoir les mains libres avec l'Autriche. Dès lors, les batailles s'enchaînent : le 13 avril, à Millesimo, Bonaparte et Augereau conduisent à nouveau les troupes à la victoire sur les Sardes qui, après avoir refusé les demandes de reddition du général en chef de l'Armée d'Italie, ont pu bénéficier de la clémence des Français en récupérant leurs officiers faits prisonniers, sans demande de rançon.
Nouveau succès le 14 au village de Dego, où les soldats de la République se livrent au pillage malgré l'interdiction de leur général. Les Autrichiens parviennent aisément à reprendre la ville qui ne sera à nouveau française qu'au prix d'un combat acharné et de la mort du général Causse. Les Français peuvent alors poursuivre leur route à travers le Piémont et arrivent devant la citadelle de Ceva. Le général piémontais Colli, en apprenant la nouvelle de la venue de Bonaparte, quitte la ville à la faveur de la nuit, le 16 avril, pour fuir vers Turin, abandonnant la place forte aux mains de Bonaparte. L'Armée d'Italie débouche des Alpes autrichiennes : "Hannibal les avait franchies, nous les avons tournées", s'exclame le futur Premier Consul, qui les franchira à son tour quatre ans plus tard...
Bientôt, ils atteignent San Michele. Cette modeste agglomération sera le théâtre de la seule véritable défaite de la campagne, en l'absence du général en chef : le 19 avril 1796, le village est pris, puis perdu en raison du pillage, exactement comme à Dego. Mais cette fois-ci, il n'y aura pas de reconquête. Après la victoire piémontaise de San Michele, le général Colli regroupe ses troupes à Mondovi, à l'ouest de Dego : lorsqu'on l'informe de l'imminence de l'arrivée de Bonaparte, il ordonne le repli général sur Cherasco tout en prenant soin de laisser des troupes dans la ville pour couvrir sa retraite. Ces dernières se heurtent bien vite aux hommes de Sérurier et Meynier qui prennent l'avantage dès les premiers instants de la bataille. Ployant sous la supériorité numérique et tactique de Bonaparte, les Piémontais retranchés à Mondovi doivent à leur tour prendre la fuite mais sont vite assaillis par les hussards de Stenghel placés en arrière de leur position.
L'armistice de Cherasco
Le 21 avril, l'Armée d'Italie pénètre dans le village en liesse sous les ovations des habitants qui érigent, aux côtés des Français, des arbres de la liberté, facilement reconnaissables à leur bonnet phrygien et leur drapeau tricolore, et dont certains ornent encore les places italiennes. Pendant la courte halte dans la ville, Napoléon continue d'envoyer ses innombrables lettres à Joséphine pendant que Joseph et Junot portent en son nom au Directoire les 21 drapeaux saisis à l'ennemi au cours de la campagne. Le 26, le général français entre à Cherasco et s'adresse à ces hommes en ces termes :
"Soldats, vous avez en quinze jours remporté six victoires, pris 21 drapeaux, 55 pièces de canon, plusieurs places fortes, conquis la partie la plus riche du Piémont; vous avez fait 15 000 prisonniers, tué ou blessé près de 10 000 hommes. [...] Dénués de tout vous avez suppléé à tout. Vous avez gagné des batailles sans canons, passé des rivières sans pont, fait des marches forcées sans souliers, bivouaqué sans eau-de-vie et souvent sans pain. Les phalanges républicaines, les soldats de la liberté étaient seuls capables de souffrir ce que vous avez souffert. [...]

Mais soldats, vous n’avez rien fait, puisqu’il vous reste encore à faire. Ni Turin, ni Milan ne sont à vous. La patrie a droit d’attendre de vous de grandes choses: justifierez vous son attente ? Vous avez encore des combats à livrer, des villes à prendre, des rivières à passer. Tous brûlent de porter au loin la gloire du peuple français; tous veulent dicter une paix glorieuse, tous veulent, en rentrant dans leurs villages, pouvoir dire avec fierté: «J’étais de l’armée conquérante d’Italie !.

Amis, je vous la promets, cette conquête; mais il est une condition qu’il faut que vous juriez de remplir, c’est de respecter les peuples que vous délivrerez, c’est de réprimer les pillages horribles. Les pillards seront impitoyablement fusillés. Peuple d’Italie, l’armée française vient rompre vos chaînes; venez en confiance au devant d’elle."


La ville piémontaise en sa possession, Bonaparte propose au roi de Sardaigne Victor-Amédée III, qui vient de voir son armée se faire balayer en moins d'un mois, de signer un armistice. Il exige le droit de passage de ses armées à travers tout le Piémont, et la reddition de toutes les citadelles sardes. Les Piémontais n'ont d'autre choix que d'accepter les conditions du vainqueur, puis s'empressent d'avertir les Autrichiens du plan de Bonaparte, à savoir passer le Pô au niveau de Valenza pour fondre sur la Lombardie. Et c'est exactement ce qu'escomptait Napoléon... Ce dernier les a magistralement trompés en exposant son plan de campagne aux Piémontais. Les Autrichiens l'attendent effectivement à Valenza, et se préparent à repousser l'arrivée de l'armée française. Napoléon laisse quelques troupes en arrière afin de renforcer l'illusion pendant qu'il mène ses hommes vers Plaisance où aura lieu la vraie traversée. Mais après le combat de Fombio le 2 mai, l'ennemi finit par percer le subterfuge et fait volte-face pour rattraper au pas de course l'Armée d'Italie, qu'elle attend maintenant de pied ferme près de la citadelle de Lodi.
De Lodi à Milan


Mais rien ne va se passer comme prévu... Lorsque l'armée de Bonaparte débouche de l'autre côté du champ de bataille et s'attaque à la ville, Beaulieu prend peur et préfère ordonner un repli stratégique. Pas question de laisser le Corse marcher tranquillement sur Milan : tant pour couvrir sa retraite que pour barrer la route de la ville, Beaulieu laisse au général Sebottendorf le soin de se retrancher derrière le pont de Lodi. Au terme d'une journée de combats harassants, l'Armée d'Italie, grâce à la bravoure des troupes mais aussi des officiers comme Berthier et Bonaparte, parvient à forcer le barrage et à mettre l'armée autrichienne en déroute.
C'est à la suite de sa victoire à Lodi que Napoléon gagne le surnom de "petit caporal", pour ses talents et son courage lors de la bataille ainsi que les étroites relations qu'il entretient avec ses troupes. A dater de ce 10 mai 1796, il ne se voit plus comme un simple général talentueux mais comme un des grands hommes de la République, dont l'ambition ne saura plus être contenue que par l'avènement d'un nouvel Empire. Mais nous n'en sommes pas encore là...


Les plans de Napoléon sont vite contrariés par les décisions du Directoire, qui ne cesse de s'improviser général depuis le début de la campagne. Ordre est donné de diviser le commandement entre Bonaparte et Kellermann, le vainqueur de Valmy et futur maréchal d'Empire, puis de marcher avec l'une des deux armée sur l'Italie du Sud et d'exterminer la papauté. Révolté, le général en chef menace de démissionner, "un mauvais général valant mieux que deux bons". Comprenant qu'il était allé trop loin, le Directoire revient sur sa demande et confirme Napoléon dans son commandement. L'affaire réglée, celui-ci reprend sa marche sur Milan où il entre triomphalement le 15 mai par la Porta Romana, accueilli en véritable libérateur par la population.
Mais toute l'Italie est loin de partager l'enthousiasme du Milanais. A Pavie, des prêtres incitent à l'émeute (un avant-goût de ce que connaîtront les troupes françaises en Espagne plus de dix ans plus tard); émeute durement réprimée par l'Armée d'Italie, en prenant soin d'épargner toutefois les personnes étrangères à la révolte.
Le siège de Mantoue


A partir du 15 juillet 1796 débute la troisième phase de la campagne. Napoléon fait mettre le siège de Mantoue dans laquelle se concentrent près de 10 000 Autrichiens. Entre deux visites au général Sérurier qui dirige le siège avec ses 9000 puis 40 000 hommes, Bonaparte s'occupe d'administrer le pays conquis en s'occupant de affaires militaires mais aussi des affaires civiles. Premier Consul et Empereur avant l'heure...
Devant ses nombreux échecs, Beaulieu est remplacé par Dagobert von Wurmser, et ce malgré la surdité de ce dernier, âgé de 72 ans en 1796. Mais en séparant ses forces en deux, une armée sous les ordres du général Quasdanovitch et une autre sous les siens, le nouveau général autrichien ne se montre toutefois pas capable lui non plus d'empêcher les désastres militaires qui vont s'enchaîner à une allure inquiétante. Napoléon défait Quasdanovitch à Lonato le 3 août, puis se retourne contre Wurmser à qu'il bat à Castiglione le 5 août, avec l'aide d'Augereau qui deviendra Duc de Castiglione en 1808. Le 4 septembre, c'est la victoire de Roveredo, suivie de celle de Bassano le 8. Wurmser se trouve contraint à la retraite et s'enferme dans Mantoue avec plus de 20 000 hommes, bientôt assiégés à nouveau par l'Armée d'Italie. Wurmser vient d'échouer, lui aussi, à battre Bonaparte...
La bataille d'Arcole




Wurmser et Beaulieu hors-course, c'est Joseph Alvinzi qui prend la tête des armées autrichiennes. Il dispose de quelque 45 000 soldats pour libérer la place forte et dépêche les troupes de Davidovitch prendre à revers celles du général Vaubois. Pour le futur empereur, la situation risque de se dégrader s'il ne parvient pas à empêcher la jonction des forces ennemies. Il envoie alors Masséna et Augereau s'interposer entre Wurmser et Alvinzi, mais ils sont repoussés le 12 novembre à Caldiero. Dès lors, il ne reste plus à Bonaparte qu'à tenter de ralentir l'arrivée d'Alvinzi à Mantoue en attaquant son arrière-garde dans un terrain marécageux, où son infériorité numérique n'influencera pas l'issue de la bataille. Il choisit de lancer l'offensive entre l'Alpone et l'Adige, le 15 novembre, à Arcole.
Lorsque Napoléon et l'Armée d'Italie arrivent en vue du village d'Arcole, celui-ci est déjà aux mains d'Alvinzi qui s'est solidement retranché derrière l'Alpone. Le passage d'une rive à l'autre se fait par un pont, modeste ouvrage de bois qui s'apprête à entrer dans l'Histoire. Bientôt, les troupes françaises engagent le combat et tentent de prendre pied sur l'autre rive. Voyant leurs hommes piétiner et hésiter à reprendre l'assaut après plusieurs tirs de riposte de la part de l'artillerie autrichienne, Augereau puis Bonaparte lui-même se saisissent d'un drapeau et s'élancent sur le pont. Aucun des deux généraux ne parviendra à traverser le pont, mais l'Histoire retiendra l'épisode du futur empereur combattant en première ligne, étendard en mai. Et elle passera sous silence sa chute dans l'Alpone...
Le lendemain 16 novembre, les combats reprennent à Arcole, sans qu'une issue définitive ne se dessine. Au troisième jour de la bataille, Napoléon parvient à arracher la victoire en faisant croire Alvinzi à l'arrivée imminente d'importants renforts français, poussant les Autrichiens au repli. C'est une nouvelle victoire pour l'Armée d'Italie, et avec elle un nouveau jalon dans la légende.
La bataille de Rivoli





Après la cuisante défaite d'Arcole, il devient pressant pour les Autrichiens de briser le siège de Mantoue. Pour Wurmser, enfermé dans la ville depuis quatre longs mois maintenant, le manque de ravitaillement commence à se faire sentir. Une quatrième armée de secours, aussi imposante que la précédente, se forme, toujours sous les ordres d'Alvinzi, qui reprend sa marche vers Mantoue. Il a tiré des leçons de sa défaite de novembre sur l'Alpone et a mis sur pied un nouveau plan de bataille : il fera diversion au Sud pour y attirer une partie de l'Armée d'Italie, afin d'ouvrir la route de Mantoue. Le général autrichien l'ignore encore, mais grâce à l'interception d'un espion de François II et à des reconnaissances menées par Augereau et Masséna, Napoléon - entretemps renforcé de trois régiments - a éventé le plan adverse. Malgré la rapidité d'exécution qui le caractérise, le futur empereur des Français n'a le temps de rassembler qu'un peu moins de vingt mille hommes. Alvinzi, de son côté, après s'être séparé des corps chargés de faire diversion, peut compter sur vingt-huit mille combattants.
Le 14 janvier 1797 au matin s'engage la bataille de Rivoli. Toute la journée, les clameurs de bataille retentiront dans la plaine. Bataille au cours de laquelle Bonaparte, en dépit des boulets autrichiens qui parviendront à le jeter de cheval, saura tirer profit des erreurs d'Alvinzi, trop confiant, et, grâce à l'arrivée de Masséna en milieu de journée, transformera une bataille mal engagée en une éclatante victoire.
Joubert et 15 000 hommes sont chargés de poursuivre les restes de l'armée d'Alvinzi. Bonaparte et Masséna, eux, prennent la route de Mantoue où ils contrent une dernière tentative de sortie de Wurmser lors de la bataille de la Favorite, le 16 janvier 1797.A bout de forces, la ville finit par se rendre le 2 février, sous la "protection" du général en chef qui refuse de se livrer à des représailles, comme l'y encourage expressément le Directoire. Au Sud, les états du Pape sont envahis début février et signent la paix par le traité de Tolentino le 19, qui leur retire le comtat venaissin au profit de la République.


L'Armée d'Italie, qui vient de recevoir un nouveau renfort de 20 000 hommes, reprend ensuite sa route vers l'objectif final, cette fois à portée de main : après avoir bousuclé les dernières défenses autrichiennes au Tagliamento et au col de Travis, elle arrive à deux pas de Vienne. La cour impériale en proie à la panique évacue la capitale et accepte la paix. Avec les péliminbaires de paix de Leoben le 18 avril puis le traité de Campoformio le 18 octobre - que Napoléon rédige seul et de son propre chef - , le Saint-Empire de François II, vaincu, sort enfin de la coalition.
Bonaparte sait aussi se faire aimer de l'opinion publique italienne, en étant accueilli en libérateur comme à Milan en mai 1796, mais aussi en faisant restaurer des tableaux fameux comme La Cène de Léonard de Vinci. D'un autre côté, des oeuvres d'Art sont confisquées et ramenées à Paris pour enrichir les collections. C'est l'usage traditionnel du vainqueur, qui n'est pas à prendre comme du pillage.



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