La bataille d'Ulm




Date : 15-20 octobre 1805
Bélligérants : Grande Armée (80 000 hommes et 80 canons) - Autriche (30 000 hommes, 59 canons)
Généraux : Napoléon Ier - Général Mack
Vainqueur : Napoléon Ier
Pertes : 130 côté français - 27 000 côté autrichien (faits prisonniers)

Résumé : Fortement ébranlé par de nombreuses défaites durant tout le mois d'octobre, les Autrichiens sont contraints de se replier dans la citadelle d'Ulm où ils sont bientôt assiégés par la Grande Armée. Leur général, Mack, finit par accepter la reddition le 20 octobre, ayant perdu tout espoir de voir des renforts arriver : c'est toute une armée autrichienne qui se livre aux troupes françaises, donnant de manière quasi-irréversible l'avantage à Napoléon, vingt jours après le début de la campagne.


Prélude
Fin août 1805, devant la menace que font peser les armées autrichiennes en Bavière, la Grande Armée doit quitter le camp de Boulogne pour rejoindre les rives du Danube, contrôlées par les forces de la troisième coalition. Elle traverse le Rhin à Strasbourg et Mannheim le 26 septembre, à la grande surprise des coalisés, pour qui il est difficile d'imaginer que les troupes de l'Empereur ont parcouru, à marche forcée, près de quarante kilomètres par jour...
Les armées autrichiennes sont divisées en trois : l'armée de l'Archiduc Ferdinand (à ne pas confondre avec le fils de François II, qui deviendra empereur d'Autriche) et du général Mack progressent vers la Bavière, celle de l'Archiduc Charles se trouve en Italie du Nord tandis que l'Archiduc Jean campe dans le Tyrol. Ils ne doivent pas tarder à être renforcés par les Russes du général Koutousov. Si Napoléon espère une victoire rapide et décisive, il doit empêcher la jonction des forces Alliées; aussi décide-t-il de concentrer ses efforts sur l'armée de Bavière de Mack. Celui-ci, certain de sa victoire prochaine, vient en effet de prendre position sur la rive droite du Danube, dans la forêt noire, et bien trop en avant du dispositif autrichien.
L'Empereur envoie la cavalerie de Murat mener de nombreuses patrouilles sous le nez de l'ennemi, à l'orée de la forêt noire, de manière à distraire les Autrichiens et à masquer la manoeuvre de contournement qu'effectue la Grande Armée par le Nord. Le 6 octobre, Napoléon franchit le Danube à Donauworth, coupant ainsi la route de Munich aux armées autrichiennes susceptibles de venir de l'Est.
Pendant ce temps, le maréchal Murat, secondé par Lannes et Oudinot, met en déroute une division autrichienne à Wertingen (8 octobre); cette première victoire d'envergure est bientôt suivie par celles de Munster (Soult) et Gunzbourg (Ney) le 9 octobre. Mack comprend alors que Napoléon est en train de l'encercler méthodiquement : le 11 octobre, il tente une ataque en force à Halsach pour sortir de se souricière. Là ne se trouvent que les 6000 hommes du général Dupont de l'Etang, face aux 30 000 Autrichiens de l'armée de Bavière. Mais la bravoure du général français, qui devait capituler à Baylen tois ans plus tard, va retourner la situation; ses hommes attaquent avec tant de fougue que Mack, croyant avoir affaire à toute une armée, préfère rompre le combat pour s'enfermer dans la citadelle d'Ulm où il pourra, pense-til, tenir le temps que les renforts russes viennent à son secours.


Le général autrichien, conscient de la mauvaise situation dans laquelle il s'est plongé - quasiment - tout seul, tente alors d'évacuer discrètement la place par différentes routes. Il envoie un à un les corps autrichiens se porter à la rencontre des Français, pour couvir sa retraite vers Ulm, sans réaliser que ces forces séparées et trop peu nombreuses n'ont aucune chance de vaincre. Dans la journée du 11, la Grande Armée est ainsi victorieuse à Albeck, Augsbourg puis Menningsen le 13. A la veille du 14 octobre, Napoléon dépêche le corps de Ney couper toute retraite aux Autrichiens en prenant le pont d'Elchingen; les combats commencent le 14 à 8 heures lorsque la division Loison prend pied sur l'édifice puis entre dans la ville, se frayant un passage à la baïonette. L'arrivée de l'Empereur sur le champ de bataille provoque les acclamations des fantassins du futur Duc d'Elchingen et marque la fin du combat.
L'Archiduc Ferdinand, voyant la situation se détériorer, prend la fuite avec 2000 hommes sur la route de Stuttgart mais est finalement rattrapé par le corps de Murat qui lui inflige une sévère défaite près de Nuremberg. Ces formalités terminées, toutes les troupes françaises convergent maintenant vers Ulm...
Le siège et la reddition d'Ulm


A Ulm, Mack ne dispose plus que de 27 000 hommes pour résister à l'Empereur des Français et commence peu à peu à perdre tout espoir de s'échapper de la citadelle. Pour soulager les assiégés, l'autrichien Werneck tente le 15 une offensive avec 8000 hommes sur les arrières françaises mais, arrêté par un contre-ordre de François II, il doit finalement rendre les armes devant le corps de Murat. Cet énième succès amène Napoléon à proposer la reddtion à Mack : le général autrichien, estimant que de nouveaux renforts peuvent encore arriver, exprime son refus aux Français.
Le 16, il effectue même une tentative désespérée de sortie, vite refoulée par les chasseurs à cheval de la Garde, les dragons et les Mamelouks de l'Empereur après de farouches combats. Désormais, Mack ne peut plus compter que sur l'arrivée d'éventuels renforts. Et la situation se présente de plus en plus mal : la Bavière est entièrement reprise par les Français, Soult barre la route du Tyrol et Bernadotte celle de Munich. De plus, les hommes de Lannes, Murat, Ney et Marmont forment un rideau totalement hermétique autour d'Ulm, ne laissant aucun échappatoire aux assiégés... Pour accentuer la pression sur l'ennemi, Napoléon fait bientôt canonner la citadelle.
Le 20 octobre, devant le manque de vivres, Mack et disposé à baisser les armes et accepte enfin de capituler. Ses hommes défilent pendant des heures devant l'Empereur et lui remettent près de 60 canons et 40 drapeaux. Seuls les officiers (dont Mack) peuvent regagner leurs foyers à la seule condition de ne plus participer à la guerre, les autres seront faits prisonniers. "Messieurs, votre maître me fait une guerre injuste [...], je lui donne un conseil, c'est qu'il se hâte de faire la paix." déclare Napoléon. Ce ne sera chose faite qu'après la foudroyante défaite des austro-russes à Austerlitz, le 2 décembre 1805. Mais ça, c'est une autre histoire...
On sait généralment que le fameux espion Schulmeister joua un rôle important dans la capitulation d'Ulm, mais l'on sait moins qu'il était un véritable agent double : d'abord payé par le général Mack, il se rallie finalement au camp français, soudoyé par l'or du général Savary, et affrime à Mack que Napoléon lève le siège de la ville, mais La réalité est tout autre : l'Empereur est en train de resserrer minutieusement son étau sur la citadelle...
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