La bataille de Waterloo




Date : 18 juin 1815
Bélligérants : Armée du Nord (72 000 hommes et 266 canons) - Royaume-Uni (68 000 hommes, 156 canons) et Prusse (38 000 hommes)
Généraux : Napoléon Ier - Général Arthur Wellesley (Duc de Wellington) et général Gebhard von Blücher
Vainqueurs : Wellington et Blücher
Pertes : 35 000 côté français - 29 000 côté Allié

Résumé : En raison du terrain boueux, la bataille ne commence qu'à 11h30, lorsque l'artillerie française ouvre le feu. Au même moment, Jérôme Bonaparte et Reille marchent sur Hougoumont, occupée par les Anglais, à l'Ouest, et tentent de s'en emparer. Le combat fera rage jusqu'au soir, sans qu'une décision définitive ait pu être emportée. A 13 heures, l'infanterie française charge sur toute la ligne; pour briser l'offensive, Wellington lance sa cavalerie des Scots Greys, mais l'Empereur contre-attaque en envoyant ses lanciers et cuirassiers, qui repoussent l'assaut.

Alors que les Prussiens de Blücher commencent à arriver à l'Est du champ de bataille et attaquent les Français dans Plancenoit, le maréchal Ney, croyant à un repli ennemi, rassemble toute la cavalerie et charge les Britanniques qui, formés en carrés, anéantissent la cavalerie du maréchal. Il lance ainsi charge sur charge, toutes écrasées par le dispositif britannique. A 19h30, voyant que le front craque, Napoléon engage sa dernière réserve, la Garde Impériale, en direction Mont-Saint-Jean. Mais les tirailleurs de Wellington finissent par arrêter l'inexorable avancée de la Garde, qui recule à son tour. C'est la fin. Le général Cambronne forme le dernier carré tandis que Napoléon regagne Paris. Il a attendu les renforts de Grouchy toute la journé mais celui-ci n'est jamais venu.

Contexte : Cent-Jours; Campagne de Belgique (1815)

Prélude
A peine réinstallé sur son trône impérial, Napoléon doit repartir en campagne contre les coalisés qui ont choisi d'ignorer ses demandes de paix. L'Empereur devance l'ennemi et lance sa contre-offensive en Belgique, sur les forces anglo-prussiennes des généraux Wellington et Blücher. Ce dernier est battu à Ligny le 16 juin 1815; mais à cause du maréchal Ney qui affronte au même moment Wellington aux Quatre-Bras, l'armée française ne dispose pas d'assez d'hommes pour éliminer définitivement les forces prussiennes. Grouchy est donc dépêché par l'Empereur à la poursuite de Blücher, qui va maintenant s'efforcer de rejoindre ses alliés britanniques, tandis que Ney fait sa jonction avec Napoléon le 17.


Wellington, de son côté, se place sur le Mont-Saint-Jean pour couvrir la route de Bruxelles : Hougoumont, la Haie-Sainte et la Papelotte. La Grande Armée, elle, arrive sur le champ de bataille de Waterloo le 18 juin 1815. La matinée s'écoule, paisible, mais bientôt, le combat fera rage et la victoire glissera entre les doigts de l'Empereur...
La bataille


"Pour que Waterloo fût la fin d'Austerlitz, la Providence n'a eu besoin qu'un peu de pluie, et un nuage traversant le ciel à contresens de la saison a suffi pour l'écroulement d'un monde"disait Victor Hugo dans ses Misérables, à propos de la bataille. Effectivement, ce 18 juin 1815, le sol est détrempé en raison de la forte pluie de la veille; les quatre-vingt canons de l'Empereur mettent du temps à se positionner et ne pourront ouvrir le feu qu'à onze heures trente.
Le plan de Wellington est simple : tenir le temps que Blücher sème ses poursuivants et rejoigne le champ de bataille. Solidement abrité derrière les bastions des fermes belges, il compte avant tout renouveler la tactique développée pendant la guerre d'Espagne, basée sur l'effet de surprise et la puissance de feu de son artillerie. Il choisit ainsi de placer ses unités d'élite en avant du dispositif, tandis que les autres restent dissimulées derrière les crêtes.
Côté Français, Napoléon, installé sur la colline de Rossome, prévoit de lancer une attaque de diversion sur Hougoumont, fixer l'aile gauche anglaise à la Papelotte avant d'enfoncer le centre ennemi, de manière à couper l'armée de Wellington en deux.
Après les traditionnels trois coups de canon de l'artillerie de la Garde qui annoncent le début de la bataille, c'est le corps de Reille et de Jérôme, frère de l'Empereur et ex-roi de Westphalie, qui entame les hostilités en portant l'assaut sur Hougoumont, dans laquelle se retranchent Anglais et Hollandais. Le combat dans la petite ferme sera longtemps indécis et ne se terminera qu'avec la défaite de l'Empereur au soir du 18 juin, coûtant la vie à plus de 8000 Français. Aux alentours de 13 heures, Napoléon apprend l'arrivée du IVème corps de Bülow sur son aile droite et déplace les troupes de Domon et Subervie au nord de Plancenoit aux Prussiens. Dans un même temps, Soult envoie une estafette à Grouchy pour lui intimer l'ordre de forcer la marche, de manière à encercler Bülow. Hélas, il se révèle moins bon organisateur que son prédécesseur Berthier et les messagers, dépêchés en trop petit nombre, n'arrivent pas tous jusqu'à Grouchy.



C'est alors que Ney, de son propre chef et à la grande surprise de l'Empereur, lance l'assaut sur toute la ligne et engouffre toutes les unités de Drouet D'Erlon. La riposte anglaise est immédiate : Wellington jette sa cavalerie dans la bataille pour briser la ligne française; au passage, les Scots Greys de Ponsonby sabrent les canonniers de la Grande Armée. Les lanciers et cuirassiers du général Jacquinot contre-attaquent aussitôt et taillent en pièces les Britanniques. La Grande Batterie n'est à nouveau en place qu'à partir de 15 heures; elle aura cruellement fait défaut durant la bataille. Tout comme les 33 000 hommes de Grouchy, que l'on attendra en vain toute la journée...
Alors que l'artillerie française reprend ses tirs sur les troupes de Wellington, les divisions de Domon et Subervie résistent avec difficulté aux Prussiens toujours plus nombreux. Le général Mouton, comte de Lobau, peine à contenir l'ennemi près de trois fois supérieur en nombre. Au centre du champ de bataille se prépare un des plus grands désastres de cette journée du 18 : les Anglais, en proie au tir nourri des canons de l'Empereur, reculent vers les crêtes. Le maréchal Ney se méprend sur ce repli et s'élance, à la tête de 24 divisions de cavalerie, malgré la pleine désapprobation de Napoléon. Piètre tacticien, "le Brave des Braves" a ordonné la charge au plus mauvais moment; elle se brise sur les carrés de Wellington, anéantissant l'ensemble de la cavalerie de la Grande Armée.


La situation sur le front Prussien n'est pas non plus en faveur de Napoléon : Mouton, ployant sous le nombre, reçoit de justesse l'appui de la Jeune Garde à Plancenoit. Rappelé à l'ordre par l'Empereur, Ney porte maintenant son attaque sur la Haie-Sainte dont il s'empare vers 18 heures 30, après une âpre lutte. Malgré l'arrivée du nouveau corps Prussien (Ziethen), les coalisés cèdent face aux assauts français. La bataille semble gagnée...
Le maréchal Ney demande alors de nouvelles troupes pour en finir, mais Napoléon ne dispose plus que de sa Vieille Garde. Ultime réserve, les bataillons de la Garde Impériale s'élancent vers le Mont-Saint-Jean; mais le capitaine Du Barrail, royaliste engagé dans le 2ème crabiniers, après avoir rejoint les rangs ennemis, dévoile les projets de l'Empereur, permettant à Wellington de renforcer le centre de son dispositif défensif. L'armée Française doit maintenant faire face aux troupes de Blücher qui ont échappé à Grouchy; celui-ci ayant refusé, malgré les clameurs de bataille et l'insistance du général Gérard, de se porter sur Waterloo.
La Vieille Garde avance d'un pas lourd et sème la panique dans les rangs des Anglais, effrayés à la vue de l'élite de l'élite; mais, criblée de tous côtés par les chasseurs embusqués de Wellington, elle ne parvient pas à inverser le cours de la bataille. Soudain, un cri d'effroi vient ébranler l'armée française : "la Garde recule !" pour la première fois depuis sa création, à l'avènement de l'Empire...

C'est la débâcle générale; Ney tente de rallier les fuyards, mais sans succès... Voyant la défaite inéluctable, Napoléon se précipite au milieu du carré que forme le général Cambronne avec les derniers fidèles de la Garde, pour périr avec eux, mais celui-ci lui aurait répondu, selon le capitaine Coignet : "Que faites-vous, Sire ? Ne sont-ils pas assez heureux d'avoir la victoire ?"
Le coeur serré, l'Empereur prend donc la route de Paris à bord de sa berline, pendant que le dernier carré de la Vieille Garde, sommé de se rendre, répond, en une phrase devenue légendaire : "La Garde meurt et ne se rend pas !". La bataille de Waterloo s'achevait par une défaite de la France, qui aurait peut-être pu vaincre si Blücher n'était pas venu renforcer Wellington...


Pourquoi Napoléon a-t-il perdu la bataille de Waterloo ? Les réponses sont multiples, mais elles restent plus ou moins valables, voire crédibles. Grouchy, bien sûr, de par son retard, peut être porté pour responsable, s'étant évertué à gagner Wavre au lieu de marcher vers Waterloo. De plus, il n'aurait avancé qu'au rythme de deux lieues et demie par jour... On critique aussi l'Empereur en disant qu'il a trop tardé à lancer la poursuite de Blücher le 16, mais il avait agi de même après Wagram et rien n'était venu lui enlever sa victoire.
Ensuite, Soult n'était pas le plus apte à remplacer Berthier au poste de chef d'état-major : le 15, en donnant l'ordre de marche, il oublie d'avertir douze divisions de cavalerie (15 000 hommes) qui ne participeront pas à la bataille. Ney a souvent été critiqué pour ses charges héroïques mais insensées sur les lignes Anglaises, ainsi que pour son manque d'ardeur à s'emparer des Quatre-Bras le 16 juin. S'il y était parvenu, Blücher aurait été balayé à Ligny, Napoléon disposant de troupes plus nombreuses (Drouet D'Erlon) et n'aurait pas eu à se séparer de Grouchy...
Que dire enfin des traîtres, comme le général de Bourmont, le capitaine Du Barrail, et Fouché à Paris ? On connaît aussi l'épuisement de l'Empereur le jour de la bataille, et le comportement de Decoster, le guide belge de Napoléon, qui l'a mal renseigné à propos du chemin creux d'Ohain - s'il existe... - , obstacle à la charge des cavaliers français...


Les raisons du désastre sont nombreuses, mais contre toute attente, la défaite a donné une conclusion magistrale à l'épopée napoléonienne, comme ne manquera pas de le souligner Napoléon dans son Mémorial : "Singulière victoire où, malgré la plus horrible catastrophe, la gloire du vaincu n'a pas souffert, ni celle du vainqueur augmenté; la mémoire de l'un survivra à sa destruction; la mémoire de l'autre s'ensevelira peut-être dans son triomphe..."
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