François Ier d'Autriche





Titres : François II, empereur du Saint-Empire Romain Germanique de 1792 à 1806; François Ier, empereur d'Autriche de 1804 à 1835
Dates : 12 février 1768 -2 mars 1835 (Florence-Vienne)
Famille : Léopold II (père), Empereur du Saint-Empire de 1790 à 1792; Marie-Louise (fille), impératrice des Français de 1810 à 1814; Napoléon II (petit-fils), Roi de Rome puis Duc de Reichstadt, Karl Von Osterreich (frère), aussi connu sous le nom d'Archiduc Charles
Qu'en pense Napoléon ?
“Tout le continent doit s'affliger de ce que l'empereur d'Allemagne, qui, sous beaucoup de rapports, ait une telle défiance de lui-même et vive constamment isolé. Cet isolement dont on accuse sans cause l'impératrice est la cause de la haine que la nation a conçue contre cette princesse. Tant que cet ordre de choses subsistera, l'empereur ne connaîtra jamais le coeur de son peuple et sera toujours le jouet des subalternes que l'Angleterre corrompt.” - 24ème bulletin de la Grande Armée, 15 novembre 1805, après l'entrée des troupes françaises à Vienne.


François II du Saint-Empire
Appartenant à la dynastie des Habsbourg-Lorraine, le futur empereur François Ier d'Autriche naît à Florence en février 1768, un mois après Joseph Bonaparte, frère aîné de son futur adversaire, Napoléon. Le duché est à l'époque gouverné par le père de François, qui devient empereur du Saint-Empire sous le nom de Léopold II. A la mort de celui-ci, son fils François prend le 1er mars 1792 le nom de François II, empereur du Saint Empire, et roi de Bohême et de Hongrie. C'est ainsi que les révolutionnaires français désignent leur ennemi lorsqu'ils lui adressent une déclaration de guerre le 20 avril de la même année : le nouvel empereur accepte sans hésiter et avec une certaine satisfaction l'ouverture des hostilités. Neveu de Marie-Antoinette et farouche conservateur des idées de l'Ancien Régime, il a toutes les raisons de s'opposer à la jeune République Française en septembre 1792 et de rejoindre la première coalition.
Parallèlement, alors que ses armées s'élancent vers l'Ouest, il désire éteindre tout foyer révolutionnaire dans ses régions et déchaîne la censure et la répression, par le biais de la police. Les autres grands monarques de la contre-révolution (Frédéric-Guillaume III en Prusse et le Tsar Alexandre Ier) ont commencé leur règne avec des idées libérales, durcissant leur politique intérieure après la chute de Napoléon. François II, lui, se sera montré impitoyable dès son accession au trône...




Mais les choses ne se déroulent pas vraiment comme prévu sur le plan militaire. Les généraux et les soldats révolutionnaires ne bénéficient pas d'une grand expérience mais parviennent à repousser les troupes du Saint-Empire, battues par l'armée du Rhin au Nord (principalement aux Pays-Bas et en Allemagne) autant que dans les plaines d'Italie. Elles subissent bientôt revers sur revers. Le front Sud est particulièrement inquiétant : un certain général Bonaparte vient de forcer le Roi de Sardaigne à déposer les armes et triomphe impunément des armées des généraux autrichiens d'Argenteau, Alvintzy, Beaulieu, et Wurmser... Voilà maintenant que l'empereur en devenir remonte sur Vienne après une éclantante victoire à Rivoli, et plus personne ne peut lui barrer le chemin.
François II n'a plus le choix : il évacue la capitale par précaution et signe des préliminaires de paix à Leoben, le 18 avril 1797, puis le traité de Campoformio le 18 octobre.

Vaincu, il doit céder à la République Française ses territoires de Belgique et de la rive gauche du Rhin, mais acquiert la Vénétie.
C'est tout naturellement que le Saint-Empire tente de prendre sa revanche en rejoignant la coalitions en 1798. Hélas pour François, ses armées sont à nouveau écrasées à Marengo par Bonaparte devenu Premier Consul, puis à Hohenlinden par le général Moreau. La fin des hostilités est signée une deuxième fois en 1801 à Lunéville. L'empereur aurait mieux fait d'accepter la paix que lui proposait Napoléon dès son accession au pouvoir...
Empereur d'Autriche
Mais tous les espoirs d'une paix durable sont vite anéantis par l'entrée en guerre de l'Autriche dans la troisième coalition, après l'accession de Napoléon au trône d'Italie, le 26 mai 1805. La victoire de Napoléon à Austerlitz met un terme à la guerre et François II se voit contraint de signer la paix de Presbourg le 26 décembre, de nouveau humilié par les armées françaises. En juillet 1806, la création de la Confédération du Rhin par Napoléon entraîne le démembrement du Saint -Empire Germanique, créé en 962... C'est à ce moment-là que François II délaisse son titre d'empereur du Saint-Empire pour celui de premier Empereur d'Autriche, dont il s'était affublé depuis 1804 : il devient alors l'Empereur François Ier.
Comme la Prusse, le pays passe plusieurs années à ruminer sa défaite tout en préparant une revanche prochaine. Un regain d'ardeur vient secouer l'Autriche à la nouvelle de la reddition du général Dupont de l'Etang à Baylen, en Espagne, fin juillet 1808. La France n'est plus considérée comme invincible : François Ier profite de l'engagement de l'ennemi dans la péninsule et se hâte de former une ciqnuième coalition avec le Royaume-Uni en 1809. Pour la première fois depuis plus de dix ans, les "soldats à la crème" (le surnom que les grognards attribuaient aux Autrichiens) remportent quelques succès en freinant l'avancée de troupes napoléoniennes. Les corps de Lannes et Masséna piétinent à Essling et ne parviennent pas à franchir le Danube, défendu par l'Archiduc Charles, frère de l'empereur et meilleur stratège autrichien.

Mais ces "succès" tout relatifs, qui sont à prendre comme un échec de la Grande Armée plutôt que comme une véritable victoire autrichienne, n'empêchent pas les forces de François Ier d'être encore écrasées par Napoléon à Wagram, les 5-6 juillet 1809. Celui-ci ne disposait pourtant que de troupes inexpérimentées et étrangères, donc peu fiables...
Après cette énième défaite, à laquelle il a assisté de loin, François est forcé de devenir l'allié de Napoléon. Il doit céder les Provinces Illyriennes à la France, lui fournir une aide militaire en cas de conflit, et faire son possible pour aider à l'aboutissement du blocus continental . Pour sceller l'alliance entre les deux empires, la fille de François Ier, Marie-Louise, devient la seconde impératrice des Français le 2 avril 1810. Le 20 mars 1811, elle donne naissance à celui que l'on ne nomme plus que le Roi de Rome, destiné à succéder à son père, et petit-fils de l'empereur d'Autriche.


La victoire de la coalition
Lorsque la Grande armée part pour la Campagne de Russie, l'Autriche est forcée de prêter le corps d'armée du général Schwarzenberg, incorporé à la gigantesque "Armée des Vingt Nations". Après la terrible retraite, l'Autriche fait volte-face et brise à nouveau l'alliance avec l'Empire français : elle assiste à l'entrée en guerre de la Prusse, battue par Napoléon à Lützen et Bautzen en mai 1813. Le 16 août, François Ier se joint à la sixième coalition et espère anéantir la Grande Armée en la faisant ployer sous le nombre des troupes coalisées. La stratégie échoue à Dresde 10 jours plus tard, lorsque Napoléon triomphe d'un ennemi bien supérieur en nombre, mais finit par se révéler efficace à Leipzig le 19 octobre, ainsi que dans nombre de combats mineurs contre les maréchaux. La Campagne d'Allemagne finie, l'Autriche pénètre en France par le biais de l'armée de Bohême de Schwarzenberg et, après une succession de nouveaux revers, entre à Paris.

Alors que Napoléon abdique et prend le chemin de l'île d'Elbe, François Ier rappelle à ses côtés sa fille et son petit-fils qu'il renomme François. Parallèlement, il ouvre un Congrès entre les vainqueurs à Vienne, où le chancelier et ministre des Affaires Etrangères Metternich représente l'Autriche. Les chefs d'état présents créent la Confédération Germanique, qui réunit la Prusse, l'Autriche et les anciens membres de la Confédération du Rhin; François Ier en devient le président.




Après Waterloo, il participe à la déportati on de Napoléon à Sainte-Hélène : "se peut-il que l'empereur d'Autriche, dont j'ai épousé la fille, qui a sollicité ce mariage à genoux, auquel j'ai rendu deux fois sa capitale, qui retient ma femme et mon fils, m'envoie [à Sainte-Hélène] sans une seule ligne pour moi, sans un petit bout de bulletin de la santé de mon fils ?" se plaindra-t-il dans le Mémorial. En septembre 1815, François Ier rejoint la Sainte-Alliance formée avec la Russie et la Prusse, et et éloigne son petit-fils de la culture française en le forçant à parler uniquement allemand, et en le nommant Duc de Reichstadt en remplacement de son titre de Roi de Rome. Sous l'impulsion de Metternich, il durcit encore sa politique intérieure et renforce la police et la censure.


Voilà ce qu'il faut retenir du règne de François Ier, qui s'achève à Vienne en 1835 : une sévère répression de l'idée-même de la démocratie lorsqu'elle apparaît quelque part dans son empire, et une lutte impitoyable contre la Révolution Française puis, plus tard, contre l'Empire Français de Napoléon Bonaparte, symbole de cette démocratie.
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