Frédéric-Guillaume III




Titres : Roi de Prusse de 1797 à 1840
Dates : 3 août 1770- 7 juin 1840 (Potsdam-Berlin)
Famille : Frédéric-Guillaume II (père), Roi de Prusse de 1786 à 1797; Guillaume Ier (fils), Roi de Prusse (1861-1888) et Empereur allemand de 1871 à 1888
Signature :
Qu'en pense Napoléon ?
“Pas un tailleur n’en savait plus long que Frédéric-Guillaume sur ce qu’il fallait de drap pour faire un habit. Si l’armée française avait été commandée par un tailleur, le roi de Prusse aurait certainement gagné la bataille à cause de son savoir supérieur en cette matière.”
“Le plus grand sot de la terre, sans talent, sans instruction, incapable de soutenir une conversation de cinq minutes.”


Un roi pacifique...
Illustre famille que celle de Frédéric-Guillaume de Hohenzollern : des rois de Prusse depuis le début du XVIIIème siècle, parmi lesquels Frédéric II dit "Le Grand" et Guillaume Ier, fondateur du Ier Reich et empereur allemand en 1871...
Légèrement plus jeune que Napoléon (à peine un an d'écart entre les deux naissances), Frédéric Guillaume ne fait pas preuve des mêmes qualités que l'Empereur des Français : intelligent certes, mais d'un caractère indécis et hésitant, réservé, peu belliqueux et surtout très influençable. Cet homme pacifique passera sa vie entière à essayer de maintenir une relative neutralité à l'égard de la France, mis à part lorsqu'il pourra tirer quelque avantage territorial en rejoignant les coalitions. Napoléon dira de lui à Sainte-Hélène, à propos de son comportement à Tilsit : "Il venait me voir avec l'idée de me parler de quelque chose mais il n'osait jamais le faire..."

Il sait néanmoins donner l'exemple en faisant preuve de courage, comme il le démontre dans les guerres de la Révolution Française. Son père, le Roi Frédéric-Guillaume II, engagé dans la première coalition, l'emmène dans l'armée prussienne du Rhin où il se distingue lors de la prise de Francfort puis du siège de Mayence (juillet 1793). Il devient Roi de Prusse à la mort de Frédéric-Guillaume II le 16 novembre 1797 : souhaitant bien faire, il tente de réconcilier les Prussiens avec la couronne royale (le règne de son père n'avait pas été facile pour la population) en renvoyant les conseillers de son père.
Dans un second temps, il désire conserver une attitude de neutralité envers la France, point sur lequel il tombe d'accord avec le Premier Consul Bonaparte . Mais en mai 1803, après la rupture de la paix d'Amiens, la France interdit l'accès à l'Elbe et la Weser aux Anglais en annexant le Hanovre. Cette intervention ne plaît ni à Berlin ni au Roi de Prusse, qui commence à s'éloigner de la République Française pour se rapprocher de la monarchie britannique.


...à la tête d'un état guerrier
Hélas, la Campagne d'Autriche de 1805 n'est pas faite pour améliorer les relations franco-prussiennes. Des manoeuvres militaires amènent le corps d'armée du maréchal Bernadotte à franchir la frontière entre les deux états sans autorisation. Le peuple de Frédéric-Guillaume se souvient qu'il était en guerre avec la France il y a une dizaine d'années à peine et, fort de son armée (réputée la meilleure du monde), il compte bien reprendre les hostilités. Cette ardeur belliqueuse est accentuée par la création de la Confédération du Rhin en juillet 1806, qui étend l'influence française en Allemagne.
Le 26 septembre, Frédéric-Guillaume adresse un ultimatum à Napoléon, bien que préférant la paix - il pleura abondemment au moment de prendre la décision, selon certaines sources ... - mais fortement influencé tant par la Reine Louise de Prusse que par l'opinion publique : les armées françaises doivent évacuer l'Allemagne avant le 8 octobre. Evidemment, c'est à la guerre entre la France et la quatrième coalition que mène l'ultimatum, rejeté par Napoléon. Les armées prussiennes n'attendent pas celles du Tsar Alexandre Ier et sont écrasées le 14 octobre 1806 à Iéna et Auestdaedt, à laquelle le Roi assiste en personne et se voit contraint à la fuite. Il se refuse à demander un armistice et se réfugie à Memel, près de Koenigsberg, en Prusse Orientale, en attendant que le Tsar prenne sa revanche sur Napoléon. Du moins, en théorie... Hélas pour la Prusse, la Russie ne fait pas mieux et ses armées sont défaites à Eylau et Friedland. Le Roi est convié à Tilsit où il rencontre Napoléon aux côtés du Tsar. Celui-ci aurait eu le pouvoir de rayer la Prusse de la carte mais préfère l'épargner pour s'en faire un allié théorique. Mais il lui enlève des territoires comme la Saxe et la Westphalie, qui entrent dans la Confédération du Rhin.
Et il faut attendre décembre 1809 pour que Frédéric-Guillaume soit autorisé à rentrer à Berlin...


1812 : un espoir de revanche
Jusqu'à la Campagne de Russie de 1812, la Prusse rumine sa défaite dans l'espoir d'une revanche prochaine. Elle guette la moindre occasion de se venger, si bien que lors de la "victoire" autrichienne d'Essling (la bataille, en vérité indécise, est vue comme telle par les coalisés), Frédéric-Guillaume écrit à François Ier : "Encore une victoire et je viens". Mais le prochain affrontement se soldera par une victoire décisive de Napoléon à Wagram... Les armées royales sont réorganisées par les généraux Von Scharnhost et Von Gneisenau, ministres de Frédéric. Le pays est forcé de prêter des troupes à Napoléon pour "l'Armée des Vingt Nations" : 20 000 hommes partent pour la Russie sous les ordres du général Yorck, en vertu de l'alliance franco-prussienne. Seulement, la campagne ne se passe pas comme prévu et Yorck déserte avec ses troupes, attisant le mouvement populaire qui, depuis 1806, n'aspire qu'à la revanche. Frédéric-Guillaume déclare la guerre à Napoléon le 17 mars 1813. La Grande Armée qui stationne en Allemagne depuis fin 1812, bat à nouveau les armées royales à Lutzen et Bautzen, puis à Dresde où l'Autriche rejoint la coalition. La Grande Armée finit par ployer sous le nombre à Leipzig.
Frédéric-Guillaume assiste à la campagne mais se montre piètre stratège, et fait figure de roi mineur en compagnie du Tsar et de l'Empereur d'Autriche. En 1814, ses troupes entrent en France sous le commandement de Blücher; le Roi lui-même pénètre dans la capitale avec le Tsar le 31 mars. On connaît la suite : Napoléon abdique et est exilé sur l'île d'Elbe au moment où Louis XVIII monte sur le trône, alors qu'à Vienne s'ouvre un congrès qui décidera du sort de nombreux pays d'Europe.


La fin du règne


Naturellement, Frédéric-Guillaume est présent au Congrès de Vienne où il doit faire face aux nombreux désaccords avec les autres coalisés. Il souhaite d'abord humilier la France mais finit par y renoncer en échange de l'annexion définitive de la Saxe et la Sarre. Le pays gagne alors 8 millions d'habitants (13 millions de Prussiens en 1812). En apprenant le retour de l'île d'Elbe, il est l'un des plus fervents à exiger la formation d'une nouvelle coalition pour se débarrasser de "l'Ogre Corse", en dépit des offres de paix de celui-ci. Bien vite, après cent jours d'épopée, Napoléon abdique à nouveau à la suite de sa défaite à Waterloo. La Prusse, allégée e son désir de vengeance, connaît alors une longue période de paix lors de laquelle elle forme la Sainte-Alliance avec l'Autriche et la Russie.
Frédéric-Guillaume trahit une promesse faite à son peuple en refusant de changer la Constution du pays et glisse vers une politique autoritaire, ennemie des idées de la Révolution Française. En 1830, soucieux de maintenir la neutralité de la Prusse, il s'empresse de reconnaître le nouveau gouvernement français, incarné en la personne du Roi Louis-Philippe.
A la mort de Frédéric-Guillaume III, dix ans plus tard, c'est son fils aîné qui hérite de la couronne, et devient Roi de Prusse sous le nom de Frédéric-Guillaume IV.
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