Jérôme Bonaparte
- Frère de Napoléon -



Dates : 15 novembre 1784 - 24 juin 1860
Titres : Roi de Westphalie de 1807 à 1813, Comte et Prince de Montfort, Maréchal de France, Président du Sénat
Situation : Quatrième et dernier frère de Napoléon
Signature :
Qu'en pense Napoléon ?
“Il a de l’esprit, du caractère, de la décision et assez de connaissances générales pour pouvoir se servir du talent des autres. ”
“Mon frère, je regrette de vous avoir connu si tard. ” - après la bataille de Waterloo.
Jérôme - né Girolamo, son prénom corse - est le dernier enfant de la fratrie Buonaparte, et le plus jeune frère de Napoléon. Né le 15 novembre 1784 dans la maison familiale d'Ajaccio, il est tout jeune lorsque son père meurt en 1785. Napoléon, qui prend sa famille en charge à dater de ce jour, destine le benjamin à une carrière maritime, qui saurait à merveille "dresser" l'enfant et lui passer l'envie de faire des bêtises, ce à quoi il était apparemment coutumier.
A partir de 1799, Jérôme accompagne le général Leclerc à bord de différents navires et séjourne deux ans aux Amériques. Rentré en France en 1805 après un mariage qui mécontente fortement son frère devenu empereur, il assiste à l'accession de ses frères aînés sur les trônes de Naples et de Hollande en 1806. Capitaine de frégate puis de vaisseau en la même année, il gagne le grade de général de division le 14 mars 1807, au milieu de la Campagne de Pologne.


C'est ensuite à son tour d'être couronné le 18 août, lorsque Napoléon et Talleyrand créent le royaume de Westphalie, au sein de la Confédération du Rhin, ils choisissent Jérôme pour porter la couronne.

Le 8 décembre 1807, à 23 ans, le plus jeune des fils Bonaparte est sacré roi à Kassel, la capitale du royaume. Considérée comme l'état modèle des satellites de l'Empire, la Westphalie est formée de 8 départements dont d'anciennes possessions prussiennes, comme la région de Magdebourg. D'autre territoires viennent ensuite s'y rattcher : c'est le cas de la Hesse-Kassel, du Hanau, du Brunswick, ... Pour gouverner, Jérôme est assisté d'un secrétaire d'état et de seulement quatre ministres. S'il se montre le plus soumis de la fratrie royale aux exigences de Napoléon, son grand défaut est de vouloir imiter son frère en recréant la cour impériale des Tuileries, bien souvent à des coûts faramineux, bien trop pour le modeste royaume qu'est la Westphalie... Ce qui ne manquera pas, d'ailleurs, de provoquer la colère de Napoléon lorsqu'il apprendra le montant des dépenses de Jérôme.
Les relations entre les deux frères se dégradent en juillet 1809, lors de la seconde campagne d'Autriche : selon la stratégie impériale, Jérôme et son 10ème Corps doivent pénétrer en Bohême pour appuyer les troupes de Junot. Mais il faut croire que Napoléon et son cadet n'ont rien en commun du point de vue militaire : le roi de Westphalie est lent à réagir et ne parvient pas à respecter les objectifs fixé par l'état-major. Mieux, il se fait bientôt battre par le général Kienmayer...

Rentré à Kassel, il doit maintenant faire face aux désirs d'indépendance de ses sujets allemands. Il participe à la Campagne de Russie en 1812 et se montre toujours aussi piètre général; ses erreurs lui valent d'être relégué au rang de simple subordonné du maréchal Davout, ce que le roi de Westphalie ne peut supporter. Fâché avec Napoléon, il abandonne "l'Armée des Vingt Nations" et regagne Kassel. C'est là qu'il se trouve lorsque son royaume est envahi par les coalisés fin 1813 : il doit évacuer la ville, occupée par les cosaques, le 30 septembre. Il se réfugie en France et escorte l'impératrice Marie-Louise à Blois lorsque les Alliés entrent à Paris. Exilé en Suisse après la première abdication et le départ de son frère pour l'île d'Elbe, Jérôme se réfugie ensuite à Trieste en Italie. Il se rallie à l'Empire lors des Cent-Jours et participe aux combats de la campagne de Belgique. Il ne parvient pas à prendre la ferme d'Hougoumont à Waterloo mais, par le courage dont il a fait preuve et les blessures dont il est victime, il suscite l'admiration des vieux "grognards". Napoléon abdique une seconde fois et reprend le chemin de l'exil, tout comme son jeune frère, qui choisit cette fois-ci le château de Göpingen, au Wurtemberg, comme nouvelle demeure. Il y réside jusqu'en août 1816 où il finit par s'installer en Autriche sous le nom de comte et prince de Montfort.



Le reste de la vie de l'ancien roi de Westphalie est fait de nombreuses années d'allers-retours entre l'empire de François Ier et l'Italie, une nouvelle fois à Trieste puis à Rome où il retrouve sa mère, et enfin à Florence. C'est finalement Louis-Philippe qui lui permet de rester en France dans l'avant-dernière année de son règne, en 1847; il n'est donc pas présent au retour des Cendres de Napoléon en 1840. Il est fait gouverneur des Invalides le 22 décembre 1848 par la République naissante, maréchal de France le 1er juin 1850 et enfin président du Sénat. Il soutient son neveu Louis-Napoléon lorsque celui-ci devient le premier Président de la République, mais assiste passivement à son coup d'état en 1851. Il meurt un an après la victoire de Solferino de ce dernier, le 24 juin 1860.
Il est le dernier de la fratrie à s'éteindre, non sans avoir traversé le régime de Louis XVI, la Révolution, le Consulat et l'Empire, les deux Restaurations, la Seconde République et le Second Empire de son neveu Napoléon III.
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