Jean-Baptiste Bernadotte
- Maréchal d'Empire -



Dates : 26 janvier 1763 - 8 mars 1844
Maréchal en : 1804, Grande promotion des maréchaux
Titres : Prince de Pontecorvo, puis roi de Suède sous le nom de Charles XIV
Arme : Infanterie
Signature :


Qu'en pense Napoléon ?
“[Bernadotte] a été une des grandes causes actives de nos malheurs; c'est lui qui a donné à nos ennemis la clef de la tactique de nos armées; c'est lui qui leur a montré les chemins du sol sacré. Vainement, dirait-il pour excuse, qu'en acceptant le trône de Suède, il n'a plus dû qu'être suédois. [...] Pour prendre femme, on ne renonce point à sa mère, encore moins est-on tenu [...] à lui déchirer les entrailles. On dit qu'il s'en est repenti plus tard, c'est-à-dire quand il n'était plus temps et que le mal était accompli.” - Mémorial de Sainte-Hélène.
Stratège convenable, Bernadotte passe les premières années de l'Empire à jalouser Napoléon qu'il considère comme un rival simplement plus chanceux. Il sera enfin satisfait en 1810, lorsqu'il obtiendra le trône de Suède et rejoindra la coalition, entrant en guerre contre la France. Il participera activement à la fin de l'Empire.

Comme beaucoup de futurs maréchaux d'Empire, Bernadotte prend activement part aux guerres de la Révolution. Il sert sous les ordres du général Bonaparte en Italie, mais ne l'accompagne pas en Egypte. En 1799, nommé ministre de la guerre du Directoire, il veut faire fusiller Napoléon à son retour d'Orient (il est pourtant l'ami de son frère Joseph) mais en est dissuadé par Talleyrand . Il refuse de participer au 18 Brumaire et, après l'attentat de la Rue Sainte-Nicaise, Bonaparte l'envoie à l'Ouest pour éliminer définitivement la menace royaliste, que les Chouans font peser sur la République. Au mois de mai 1802, il prend part au "complot des libelles" du général Simon : des textes violemment hostiles au Consulat circulent cachés au fond de pots de beurre. Seul Simon sera arrêté, en s'attribuant la complète responsabilité de l'affaire.
En 1804, Bernadotte est nommé maréchal moins pour ses actions sous la Révolution que pour le rallier à l'Empire. Devenu Empereur, Napoléon lui reproche plusieurs fois sa "mauvaise conduite" : le 14 octobre 1806, il refuse de se porter au secours de Davout - qu'il déteste - lorsque celui-ci est aux prises avec le gros de l'armée prussienne à Auerstaedt; en 1809, il attribue la victoire de Wagram à ses hommes, ce qui est faux...

Mais la vie de Bernadotte ne se résume pas à une simple carrière de maréchal, talentueux certes, mais jaloux. Le 21 août 1810, le roi de Suède Charles XIII propose à Bernadotte de devenir prince-héritier du pays. Sous l'impulsion de l'Empereur, qui pense ainsi créer un nouvel "état-satellite" de la France, il accepte et prend le nom de Charles-Jean. Hélas, devant les offres du Tsar Alexandre Ier et de l'Angleterre, qui lui cèdent la Norvège, la Guadeloupe et lui font même miroiter le trône de France en 1814, il trahit son pays natal et rejoint vite la coalition. Une trahison qui ne laisse pas ses frères d'arme insensibles : "Tous les coups de canon qu’il fait tirer contre l’Empereur et les Français sont autant de titres qu’il acquiert au mépris de la postérité; cet homme doit tout à l’Empereur et au sang des Français : l’Empereur a exercé envers lui les plus grands actes de clémence; cela ajoute à l’infâmie de sa conduite; j’espère que la justice divine se montrera sévère à son égard." (Maréchal Davout).

Bernadotte met rapidement au point, de concert avec Moreau, lui aussi passé à l'ennemi, une méthode pour vaincre Napoléon : attaquer séparément les maréchaux de l'Empire en évitant l'affrontement avec l'Empereur lui-même. Et la stratégie se révèlera très efficace. Il participe ainsi à la campagne d'Allemagne, où il remporte une victoire sur le maréchal Ney à Dennewitz et participe à la "bataille des Nations" de Leipzig. En 1814, après l'abdication de Napoléon, il tente de devenir Roi de France mais comprend qu'il ne pourra pas empêcher le retour des Bourbons et devra se contenter de la Suède, dont il devient roi le 5 février 1818, à la mort de Charles XIII. Il prend tout naturellement le nom de Charles XIV et gouvernera jusqu'en 1844. A sa mort, c'est son fils Oscar Ier qui monte sur le trône de Suède.



Bernadotte est roi de Suède de 1818 à sa mort, en 1844. Mais malgré ses longues années passées sur le trône, il ne parvint jamais à apprendre le suédois. C'est le comble pour un roi : ne pas comprendre ce que lui disent ses sujets...
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Les 26 Maréchaux :
Augereau, Pierre

Bernadotte, Jean-Baptiste

Berthier, Alexandre

Bessières, Jean-Baptiste

Brune, Guillaume

Davout, Louis-Nicolas

Gouvion-Saint-Cyr, Laurent

Grouchy, Emmanuel

Jourdan, Jean-Baptiste

Kellermann, François-Cristophe

Lannes, Jean

Lefebvre, François-Joseph

Macdonald, Etienne

Marmont, Auguste-Louis-Viesse de

Masséna, André

Moncey, Bon-Adrien-Jannot de

Mortier, Adolphe

Murat, Joachim

Ney, Michel

Oudinot, Nicolas-Charles

Pérignon, Catherine-Dominique

Poniatowski, Joseph-Antoine

Sérurier, Jean-Mathieu-Filibert

Soult, Jean-de-Dieu

Suchet, Louis-Gabriel

Victor, Claude-Victor Perrin dit



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